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lundi 17 décembre 2012

Texte d'invité : ma première expérience bi, par M.

Je vous présente aujourd'hui le texte de M. qui nous raconte son entrée chaude, excitante, dans le monde de la bisexualité.
Ah ! M. ! Enfin, je ne te dis rien, tu sais déjà tout ce que j'ai envie de te te dire, et de te faire ;)

En ce qui me concerne, c'est plus une envie charnelle, un désir de mélanger les corps et les plaisirs sans distinction de sexe qui m'a toujours fait fantasmer... 
Un homme ne m'attire pas spécialement physiquement, et encore moins seul, mais le partager avec une femme est quelque chose que j'apprécie énormément ! 
C'est venu absolument par hasard lors de mon premier trio... 

Puis j'ai eu une ex très libérée sexuellement qui m'a fait goûter aux joies des plaisirs de l'anal. Une véritable "révélation" qui m'a permis de me "libérer" et d'aborder ma sexualité différemment, en m'ouvrant à de nouveaux plaisirs, de nouveaux jeux, de nouveaux fantasmes que j'ai eu la chance de pouvoir assouvir et réaliser par la suite. J'ai repoussé mes limites, en déplaçant la barrière de l'hétérosexualité...avec des couples ou des personnes du 3eme sexe ! J'ai découvert que je pouvais aimer prendre du plaisir avec des partenaires des deux sexes de manière active et passive, mais ce que j'aime surtout c'est les mélanger : les combinaisons que cela autorise sont tout simplement... divines !


Lors de mon premier trio, avec ce couple dont l'homme était bi, tout s'est passé en douceur. 

J'ai été reçu chez eux. Ce couple d'un certain âge, eux : 55 ans, voulait fêter l'anniversaire de Madame en s'offrant une soirée à trois avec un homme plus jeune, moi : 20 ans. Ils m'ont fait passer au salon, nous avons pris un verre, discuté, fumé une cigarette... 

Puis Madame, qui menait la danse, a entamé un petit effeuillage... Elle portait une robe de soirée qui a glissé le long de ses hanches, pour dévoiler un magnifique ensemble en dentelle noire composé d'un soutien gorge, d'un string et d'un porte jarretelles assorti... Des bas noirs et des talons complétait cette superbe tenue très classe et très sexy...
Elle s'est donc dévêtue, pour rester en sous-vêtements, puis elle a entrepris de nous déshabiller, nous les deux hommes à sa disposition, mêlant baisers, caresses, tout en douceur, enlevant nos vêtements... Je me suis retrouvé assis sur le canapé, avec une grosse bosse qui déformait mon caleçon...qu'elle a ensuite enlevé... 

Là, nous prenant par le sexe, elle nous a emmené dans la chambre. Sur le lit, les caresses se sont faites plus précises et plus osées... Elle nous a pris chacun notre tour dans sa bouche... Nous nous sommes aussi occupé d'elle, l'un caressant et embrassant sa poitrine pendant que l'autre la léchait plus bas... Nous avons multiplié les 69 et autres préliminaires très agréables à trois, mais toujours entre homme et femme, et jamais entre hommes... Son homme l'a ensuite prise en levrette pendant qu'elle me prenait en bouche... C'était très excitant de la voir bouger, son homme derrière elle, et me sucer en même temps. Ses mains se sont baladés sur mes testicules...puis plus bas... sa langue et venir rejoindre ses doigts, puis elle a repris mon sexe en bouche en me pénétrant légèrement et doucement avec un puis deux doigts... j'étais au bord de l'explosion !


C'est à ce moment là que nous avons échangé nos positions : j'ai mis un préservatif et l'ai pénétrée, moi allongé sur le dos, elle au dessus... Elle montait et descendait sur mon sexe, et suçait son mari en même temps...Là encore quel plaisir d'être acteur et voyeur !! 

Et c'est là où les choses ont pris une tournure inattendue pour moi : elle même temps qu'elle le suçait, elle a doucement entamé une descente... toujours empalée sur mon sexe, j'ai vu sa tête s'approcher de plus en plus près de la mienne... Elle continuait à caresser et à lécher son mari qui lui aussi descendait, agenouillé juste à côté de nous, tout près de ma tête... Elle a alors passé sa main derrière ma tête, et m'a attiré à elle tout doucement, toujours en descendant... Sans que j'ai réellement le temps de m'en rendre compte, le sexe de son mari était à 1 ou 2 cm à peine de ma bouche : je voyais ce membre dressé fièrement, dur, luisant de salive, qu'elle embrassait, léchait et caressait avec fougue et envie... elle me regardait droit dans les yeux... le temps semblait figé... et elle s'est approchée un peu plus... je sentais les effluves de plaisir de cette queue qui quelques minutes auparavant était en elle, et qui se trouvait juste devant moi... elle semblait toute chaude, toute douce... Elle a continué à me regarder avec envie et elle a pressé légèrement derrière ma nuque... j'ai franchi le tout petit chemin qu'il me restait à parcourir et j'ai posé mes lèvres sur ce sexe dur, en la regardant, mes yeux brillants de désir... elle avait su m'en donner envie... me montrer à quel point ça avait l'air bon, doux, chaud, excitant... j'avais envie de partager cette queue avec elle, de la lécher, de la prendre dans ma bouche, de la sentir vibrer de désir et de lui donner tout le plaisir possible...


J'ai donc sauté le pas, nous nous sommes embrassés, mêlant nos langues, et ce sexe, le ballet incessant de nos bouches sur cette queue était tout simplement divin... et surtout nous ne nous sommes pas lâchés du regard, rendant tout cela encore plus excitant, intime et intense... J'avais franchi la limite que je n'avais même pas envisagé découvrir : je suçais un homme... et j'aimais ça... je ne me sentais pas honteux, au contraire, j'étais excité comme jamais... je me sentais "soumis" au désir de cette femme, qui tout en douceur et en souplesse avait pris l'ascendant sur la situation et ma personne... je me sentais presque "femme" en accomplissant ces caresses... et surtout j'adorais ça... j'ai failli en jouir...


Puis elle s'est allongée, prise par son mari, pendant qu'elle s'occupait de moi avec ses mains à côté.... il a joui en elle, elle s'est raidie de plaisir... une fois leur orgasme passé, elle a continué à me caresser et à me lécher... me suppliant de jouir sur elle... il ne m'en fallait pas plus pour sentir le plaisir monter : un doigt inquisiteur est venu fouiller mon fondement, et dans un orgasme électrisant j'ai joui à longues et chaudes giclées sur sa poitrine et son visage... elle s'est caressée les seins maculés de mon sperme, à recueilli les dernières gouttes qui sortaient de mon sexe et les a portées à sa bouche... avant de m'embrasser, fougueusement, une légère coulée de mon sperme coulant au coin de sa bouche... Goûter le propre fruit de mon plaisir a été là aussi une découverte très excitante...


Une fois tous calmés, nous sommes repartis nus au salon, discutant, rigolant, et après une courte pause cigarette nous sommes repartis de plus belle... mais c'est une autre histoire !


J'ai par la suite rencontré d'autres personnes, et d'autres plaisirs, mais voilà comment s'est déroulée ma "première fois" !

M.

samedi 15 septembre 2012

Texte d'invité : "Trop tard pour penser", par Sertorius


Il y a quelques temps, j'ai reçu ce très beau texte. 

J'ai tardé à le publier, et je suis sans excuse, si ce n'est la fatigue de la rentrée, ma connexion en free wi-fi totalement inadaptée, et l'envie de ne plus avoir affaire aux hommes, même de mots.

Je viens de relire ce texte pour le publier. Et je n'ai qu'un cri : à quand la suite, Sertorius ?! 


Il s’appelle A***, et il habite A***. C’est un beau brun aux yeux bleus, cheveux mi-longs et musicien. Il a 30 ans, comme moi. Je l’ai rencontré à la soirée d’une amie. Il est plutôt timide, mais il le cache bien. Il est tendre, attentif, et intelligent. Il rit pour un rien, et il fait beaucoup rire. Un humour un peu acerbe, mais toujours gentil.

Il m’avait remarqué bien avant que je le voie – je ne l’apprendrais que quelques semaines plus tard. On a discuté, de tout et de rien. On a évoqué Grieg, Dom Juan, Rossini. Il m’a parlé de sa famille, de son métier, de ses études. J’ai écouté attentivement le récit de ses voyages, le nom des films qu’il aime, les titres de ses dernières lectures.

Ma main a frôlé la sienne. J’avais peur qu’il n’aime pas les garçons, qu’il soit intimidé, qu’il me trouve lourd… Il n’a pas eu l’air gêné. Ma main a frôlé son genou. J’avais un peu peur, là encore. Il m’a regardé brièvement, puis il a tourné le regard. On a parlé encore un peu, il est parti se servir un verre, il n’est pas revenu. Je l’ai suivi, prétextant vouloir parler avec la personne assise à côté de lui. On a discuté. J’ai senti sa main quelques secondes contre ma cuisse. J’ai souri légèrement ; il ne me regardait pas. L’incertitude n’était pas tout à fait levée.

On a dansé un peu, en groupe, sur de la musique moderne où l’on n’a que peu de contacts les uns avec les autres. On s’est promené un peu la nuit, en groupe toujours, mais on s’est isolés des autres. Une fille propose de prendre une photo de groupe : je mets vite mon bras autour de ses épaules, et on sourit comme des amis. On ne se connaît que depuis trois heures, mais je me sens déjà un peu proche de lui.

On rentre. Mon amie me propose de dormir chez elle, mais ce n’était pas prévu, et je suis incertain. Il y a une place disponible, ajoute mon amie, si on rajoute un matelas dans la même pièce que A***, qui dort ici aussi. Sur cette dernière précision, j’accepte de passer la nuit. Il y a des hasards qui font plutôt bien les choses – et ce n’est pas un complot de l’amie : elle est plutôt homophobe. A*** ne m’a pas regardé une seule fois pendant la discussion entre mon amie et moi, même quand j’ai hésité. Il aurait pu intervenir pour m’inciter à dormir là, faire un petit geste… Je ne suis vraiment pas sûr de l’intéresser vraiment.

Tout le monde est parti se coucher. A*** est dans la salle de bains. Les matelas sont posés en parallèle, écartés d’un peu moins d’un mètre l’un de l’autre, dans le grand salon. Il faut mettre des draps par dessus : je les installe rapidement, et j’en profite surtout pour rapprocher les matelas. A*** revient. Il ne proteste pas en voyant les matelas quasiment l’un à côté de l’autre. Il se couche, il éteint les lumières.
« Bonne nuit ». « Bonne nuit ».
Et plus rien.


Je sors ma main du drap. Je la fais glisser sur le sol. On dirait un serpent qui s’avance tout doucement. On n’entend toujours rien dans la pièce, à part le léger frottement de ma main sur le parquet. Je touche son matelas. Je monte un peu ma main sur le caoutchouc, en avançant les doigts un par un – cette fois c’est sûr, ma main s’est transformée en araignée. Je touche sa main, à peine quelques millimètres de contact entre nos deux peaux. Je ne bouge plus. J’ai le cœur qui tape. Fort. Il ne bouge pas sa main. J’attends un peu. Rien. Je commence à caresser sa main très légèrement, en avançant puis en reculant mon doigt de quelques millimètres. Il ne bouge toujours pas. J’angoisse.

Un petit bruit. Il tourne la tête vers moi. Il rapproche sa main. Je rapproche la mienne, et je lui caresse le dos de la main, de manière plus explicite. On ne se dit rien l’un à l’autre. Je prends sa main dans la mienne, et je me sens soulagé, presque heureux. Je me rapproche cette fois complètement, et je quitte mon matelas (le parquet est un peu froid, mais tant pis). Ma main quitte la sienne et remonte vers l’avant-bras, puis le bras, et enfin l’épaule. Il a la peau douce. Il est plus poilu que moi. Il ne dit toujours rien. Je sens ma respiration s’accélérer. Je pose ma deuxième main sur son cou, à cheval sur son T-shirt et sur sa peau. Je la glisse doucement dans son T-shirt. Je me redresse un peu, puis je me penche vers lui, et je pose mes lèvres sur son cou pour lui faire un baiser.

Il est toujours sur le ventre. Il sent délicieusement bon. Ma main remonte le long de son dos. Sa peau est absolument douce. De la main droite, je caresse son bras droit, en remontant et en descendant le long de ses muscles. Je lui enlève son T-shirt – il m’aide un peu en se redressant. Il se met sur le dos, je me mets sur lui. Il glisse ses mains sur mes abdominaux et remonte au nombril puis au plexus. Il lève mon T-shirt, et me fait comprendre que je dois le retirer. Je m’exécute avec grand plaisir.

On se serre l’un contre l’autre, moi au-dessus, lui en-dessous. J’adore sentir sa peau – dans tous les sens du terme. Elle est chaude, elle est douce, elle sent bon. Je l’embrasse sur la poitrine, dans le cou, sur les tétons. Il se laisse aller aux sensations. Sa respiration est tranquille, mais parfois un peu saccadée. Notre premier baiser sur la bouche. Il m’embrasse, mais sans la langue. Il sera toujours rétif à ce qu’on s’embrasse sur la bouche. Une manière de me signifier qu’il n’est pas amoureux, sans doute…

J’ai un peu de scrupules pour mon copain, qui est resté à la maison. Je ne l’avais jamais trompé auparavant. Je ne sais pas si je dois me considérer comme un horrible traître, ou relativiser en me disant qu’il dort, à cette heure-ci, et que je ne le prive de rien. On s’était déjà dit l’un à l’autre qu’on était plutôt libres dans le couple, mais j’avais toujours semblé en être plus convaincu que lui ne l’était vraiment…

Trop tard pour penser. J’embrasse A*** sur les joues et sur le front ; ma main glisse dans ses cheveux ; je lui caresse le torse. Il tend ses mains vers moi et joue avec mes tétons. Je ne peux m’empêcher de lui embrasser le cou. Je descends ma bouche peu à peu. Les poils sont plus abondants en haut de sa poitrine ; se font un peu plus rare sur les abdos, et reprennent peu à peu au fur et mesure que je descends.

J’arrive vers son caleçon. Je frotte ma tête sur sa verge à travers le caleçon. Il est très excité, et apparemment bien membré. Il me caresse la tête et les épaules ; je l’embrasse sur le tissu du caleçon. Sa verge est dure, je baisse le caleçon et commence à le lécher, du gland aux couilles, et vice-versa. Il a l’air d’aimer. Je baisse son caleçon, il lève légèrement le bassin puis lève les jambes, ce qui me permet de lui enlever complètement ce fichu morceau de tissu qui restait le dernier écran entre nous deux.

Je lèche, j’embrasse, je titille ses couilles, sa verge et son gland. J’engouffre peu à peu son sexe, d’abord simplement le gland, puis la moitié, puis tout le sexe, par petites secousses et saccades. Je m’en donne à cœur joie ; il me caresse toujours les épaules et la tête ; il me passe la main dans les cheveux. J’ai les genoux sur le parquet, mais je ne sens plus le froid du sol. Le caoutchouc du matelas crisse un peu, mais le bruit est assez discret pour que personne ne nous entende, tout comme ses petits gémissements étouffés.

Je crois bien qu’il fait environ 20cm de long. N’ayant pas de règle ni de mètre à ma disposition, je me repère à deux points irréfutables : son gland touche son nombril, et j’ai un peu de mal à enfourner tout son sexe dans ma bouche et ma gorge. N’ayant aucun mal pour 18cm, je pense donc qu’on doit en être à 20cm environ.

Ce que j’aime, c’est avoir son sexe intégralement dans ma bouche, faire des va-et-vient avec mes lèvres, et lui caresser les bourses en même temps. Ce traitement ne le laisse pas insensible. Je bouge un petit peu le reste de mon corps, et il me caresse le dos, les épaules, le haut des fesses. On arrête la fellation et je reviens l’embrasser – sur la bouche, pour la deuxième fois. C’est furtif : il me tend assez vite sa joue droite. Sacré caprice ; je sens que ça va m’agacer.

J’en ai un peu assez d’être sur le sol, et je monte sur son matelas en le poussant un peu. Il se décale pour me laisser m’installer, puis il monte sur moi. Je lui caresse le torse, les seins, je joue avec son nombril. Il est dressé au dessus de moi comme s’il m’avait vaincu. Il me caresse le cou. Ses mains me serrent un peu la gorge, mais sans violence. Il descend ses mains sur mon torse, et les plaque sur mes hanches. Il pince un peu mes tétons, et s’amuse à les tirer un peu, sans aucune douleur. Je sens ses ongles sur ma peau. Ses deux jambes bloquent mon bassin, mes mains caressent ses biceps, les siennes parcourent mes flancs.

Il se relève et ôte mon caleçon. Mon sexe en érection vient taper contre mon ventre quand il baisse le caleçon. Il le retire complètement, et se glisse derrière moi. J’ai un scrupule soudain, auquel je n’ai même pas pensé depuis le début de nos jeux. Je chuchote : « A***… Tu es safe ? » Pas de réponse, il frotte sa tête contre mon cou. Je n’ai pas dû parler assez fort. Je choisis de poser une autre question, et d’oser la poser un peu plus fort… « A***… C’est la première fois que tu couches avec un garçon ? » Il me glisse à l’oreille : « Oui… Je n’ai couché qu’avec des filles ».

J’ai confiance. Je ne devrais pas. Mais tout en lui m’inspire confiance : sa voix, sa tendresse, sa gentillesse, son sourire… Il rapproche sa verge de mes fesses. On n’avait pas de lubrifiant, ni lui ni moi, mais il devait mouiller beaucoup : il a réussi à me pénétrer malgré tout. Faute de gel, j’ai eu mal assez vite, alors il s’est retiré. Je me suis tourné vers lui, et je l’ai embrassé sur la bouche. Cette fois, il s’est laissé faire.

Ensuite, on s’est masturbés l’un l’autre. J’ai suçoté un peu sa queue, avant de reprendre ma fellation pour de bon durant quelques instants. Après un baiser, on en revient aux caresses mutuelles et à la masturbation réciproque. On bandait tous les deux comme des damnés. On était serrés sur le matelas. Je sens sa sueur ; j’adore ça. Sa respiration s’accélère, il gémit de plus en plus fort, mais tout en restant le plus discret possible pour ne réveiller personne.

Il a joui un peu avant moi, et moi un peu après lui. J’ai tenté le diable jusqu’au bout : j’ai goûté un peu de son sperme. Je sais que je n’aurais pas dû, mais c’était irrésistible. Après s’être essuyés, on est restés dans les bras l’un de l’autre. J’ai mis ma tête contre son épaule. Puis j’ai regagné mon matelas, et on s’est endormis.

Je me suis réveillé trois heures plus tard. Le jour commençait à se lever ; je l’ai regardé dormir. Cinq minutes, dix minutes, trente minutes, une heure. Je pense que c’est là que je suis tombé amoureux – ou bien peut-être l’étais-je déjà avant…

Quand il s’est réveillé, mauvaise surprise : il était froid, distant, dur, comme si rien ne s’était passé. Il m’a juste dit : « Tu n’en parles à personne, n’est-ce pas ? ». A la réflexion, A*** avait sans doute un peu de mal à se dire qu’à trente ans, il avait vécu sa première relation homosexuelle. Ca fait se poser quelques questions, ce genre de jeu et d’amourette…

On a rangé les matelas. J’ai profité de notre isolement pour lui donner un dernier baiser, en guise d’adieu. Il l’a accepté du bout des lèvres – c’est le cas de le dire. L’histoire m’apprendrait que je le reverrais bientôt, et que je n’étais pas au bout de mes surprises…

mardi 21 août 2012

Le petit peuple des dunes


J'ai passé trois jours et trois nuits avec G., en Vendée. Trois jours fabuleux en tous points, sans anicroche, dans l'entente et l'harmonie la plus totale. Si on excepte le départ, si on excepte le fait que je l'ai quitté, que nous nous sommes dit adieu.

S'embrasser pour les dernières fois, les larmes mouillant et salant nos lèvres, toucher nos peaux pour la dernière fois, nous dire des choses essentielles pour la suite l'un sans l'autre, se fût doux, comme on sait l'être tous les deux, mais déchirant.
Mais le plus terrible, c'était le lendemain matin, au réveil. Revenir au monde sans lui, c'était une blessure que le jour cuisait, sur laquelle ma conscience buttait alors que j'aurais voulu replonger dans le sommeil, dans ce monde où G. était surement encore là, où le manque n'existe pas.

Ce séjour en Vendée, c'était une riche idée, en même temps qu'un sacré cadeau empoisonné.

Mais si quitter G. est si pénible, et même momentanément insupportable, j'ai des souvenirs magnifiques, des souvenirs d'orgasmes gigantesques, d'orgasmes sous le ciel bleu et les ajoncs, j'ai des souvenirs de réjouissances à plusieurs, des souvenirs d'avoir réussi à trouver l'équilibre entre la tendresse et le vice.

Le temps était suspendu. Je ne savais plus si j'étais là, en Vendée avec G., depuis vingt minutes ou dix jours. Nous n'avions pas d'heure, si ce n'était celle de nos désirs. Telle une chatte en maraude j'en aurais oublié de manger. J'avais perdu l'appétit, sauf lorsque nous nous attablions pour faire un repas de ce que nous avions choisi ensemble, et là, tout à coup, je mourrais de faim et je dévorais.
Le monde était à la fois gigantesque, avec l'océan, le ciel, l'immense plage, les étendues de landes et de dunes à perte de vue, et inexistant. Nous étions dans notre bulle d'amour et de bonheur, à l'abri de la violence du monde.



Il y a, dans les dunes de la plage du petit pont, tout un petit peuple de pervers.
G. m'avais souvent parlé des rencontres qu'il y faisait, s'y faisant sucer ou suçant. J'étais toujours curieuse qu'il me raconte ses escapades à la plage, tout comme j'étais friande de ses récits de sauna aux heures gay. Tout ces hommes (car j'y ai vu surtout des hommes, même s'il y vient des couples et parfois des femmes seules) se connaissent au moins de vue (et souvent « de cul », dirons-nous) mais on en sait parfois bien plus. Il y a des contrôleurs du trésor, des musiciens, des pères de familles qui parlent de leurs enfants, des maris qui parlent de leurs femmes, etc...

La dune, c'est un peu le paradis des exhibs, qui font le bonheurs des voyeurs encore plus nombreux. Lors de notre première après-midi à la plage du petit pont, G. et moi nous sommes trouvé un petit coin un peu protégé, mais pas trop. Ca allait et venait à proximité, ca aurait bien participé, mais G. avait envie de rester seul avec moi, et les amateurs de sexe se sont contenter de mater et d'envier ce bienheureux homme. Même si j'avais imaginé faire autre chose que rester à deux dans les dunes, être regardée, et entendue, par nombre de voyeurs, et puis avoir au dessus de ma tête et dans les yeux les ajoncs et le ciel perlé de quelques nuages, le bruit de la houle, puissante ce jour là, dans les oreilles, le vent tiède se coulant sur mon corps, tout en me faisant lécher goulûment par G., suffisait amplement à mon bonheur, et même à mon extase. Il aurait fallut être difficile pour ne pas trouver ca simplement magique. Après un cuni en règle, nous avons opté pour une levrette. C'était le début de la soirée, l'assistance s'était clairsemée même si deux voyeurs nous observaient encore, planqués non loin, et sur le soleil couchant j'étais nue, à quatre pattes, les genoux calés dans le sable sur la couverture, G. en train de me besogner assez furieusement en murmurant des choses indistinctes et que je pouvais traduire selon mes besoins en choses douces ou choses crues. Hurler de plaisir dans la nature, lancer son cri sur la landes qui court à l'infini, dans cette posture animale, avec rien en face de soi que le sable et la végétation, c'est un peu retrouver le cri primal, avoir l'impression de participer à la naissance du monde, retrouver les temps immémoriaux.



Le lendemain, j'ai mieux fait connaissance avec C. et un autre type dont le prénom m'échappe.
Avec G., nous avions passé une partie de l'après-midi sur la plage, un peu en retrait mais pas encore dans les dunes, coincés entre deux mondes : celui des baigneurs naturistes, venus là en famille ou en couple, et celui des obsédés du cul, errant dans le sable à le recherche d'une opportunité. Dans cet entre deux, nous étions le couple venu profiter de la plage, tout en excitant la curiosité des voyeurs perchés sur la dune. Nous nous étions laissé allé à quelques caresses un peu coquines : j'avais consciencieusement enduit d'huile solaire le sexe de G., il m'avait plus tard tété les tétons.
Le soleil et la température baissant, la plage se vidait, laissant le champs libre au petit peuple des dunes. C'est alors que G. me proposa de demander à C. de se joindre à nous. Ils se connaissaient, s'étaient sucé de temps à autre, se retrouvant d'une année l'autre. Je savais tout cela.
Je n'hésitai pas longtemps. G. disparu un moment derrière la dune qui était en surplomb et revint vite. C'était bon, on y allait, mais il avait dit non à un autre mec qui papotait avec C. Sauf que le mec nous emboita le pas. J'apercevais en ligne de mire le chapeau de C. caracoler dans les dunes, vraisemblablement à la recherche d'un lieu propice à notre projet. Je suivais un peu péniblement en piochant dans le sable, accrochée à la main de G., l'invité surprise dans mon sillage.
Les choses commencèrent très vite. Un peu trop vite pour moi. A peine assis sur la couverture dans l'endroit choisi par C., l'invité surprise nous assura qu'il ne faisait que regarder et à peine avait-il notre accord que C. poussait déjà la tête de G. vers la queue qu'il lui tendait. G. ne se fit pas prier et se mit a sucer goulument, mais mon cœur se serra en une panique instinctive. Peut-être parce que je n'aime pas qu'on me fasse cela, qu'on pousse ma tête vers la queue à sucer. Mais c'était, certainement, un changement de perspective un peu radical et rapide pour moi. Mon G., mon mâle, traitée comme une vulgaire soumise ?! J'avais peur tout à coup de ne pas reconnaître mon G., et de le perdre donc. Je ressentais le besoin irrépressible de rétablir le contact, de me rassurer, et peut-être de le rassurer lui. Je me glissais contre lui en chien de fusil, nous étions quasiment face à face pendant qu'il pompait vigoureusement C. Je le caressais doucement un peu partout, faisant courir mes doigts sur lui. Je croisais la main de C. qui caressait ses fesses. Je l'embrassais, le léchais sur tout le torse, sur les bras, attrapant de temps à autre sa queue toute molle dans ma bouche pour la suçoter. J'ignorais s'il appréciait, mais je continuais pour moi. Plus tard, quand nous en avons parlé, il m'a dit que si je n'avais pas été là, tout contre lui, à le câliner, il m'aurait cherché, que cela l'avait rassuré de me sentir contre lui, et que je m'occupe de lui tout doucement. Rassuré de quoi me suis-je demandé ? Pas de se retrouver à sucer C., c'était devenu sinon banal du moins courant pour lui. Surement rassuré de savoir que je suivais le mouvement, que j'appréciais le moment, rassuré que je le considère toujours comme mon homme.
De temps en temps je coulais un regard pour observer la bouche de G. qui s'activait sur la bite. Il avait une technique goulue, jouant des lèvres, de la langue, avalant largement la queue pas très longue ni très grosse du mec. Il enveloppait le gland d'une langue bien souple, et de temps à autre le titillait du bout, et puis avalait le membre avec gourmandise. A quelques occasions j'ai croisé le regard de G. qui cherchait le mien, et à chaque fois cela m'a inondée de tendresse en même temps que je me sentais indiscrète de le regarder faire ainsi.
Mais tout à coup, j'ai senti deux mains sur moi, sur mes fesses. J'ai crié « non : » en me retournant. Un papi ventripotent, rouge de peau, blanc de poil, était penché sur moi, tardant à retirer ses mains. En un réflexe G. avait levé la jambe, une détente suffisait pour écraser le nez du type qui fini par reculer devant l'insistance de G. qui devenait menaçant.
L'incident ne nous perturba pas outre mesure cependant, et les opérations reprirent. A un moment, j'ai pensé que j'aurais aimé rejoindre G. et sucer avec lui. Mais C. ne me disait rien du tout. Pas dans l'absolu mais dans sa façon d'avoir brusqué les choses au départ.
Le type n'a pas été très long a donner des signes de fin. Je crois avoir entendu quelques mots que j'ai préféré oublier, et puis une autre angoisse me vint. Je n'avais pas envie que le mec éjacule dans la bouche de G. Je n'avais pas envie qu'il m'embrasse juste après sinon. Quand je vis le ventre de C. abondamment couvert de son sperme, je fut rassurée. Et puis G. a pris soin de ne pas m'embrasser tout de suite et même de se rincer la bouche avant.
Mais C. repartait. Il devait rentrer à l'heure pour la soupe, madame avait déjà bien couiner la veille de son retour tardif. Il me dit que G. était doué, et qu'il fallait aussi me remercier pour ce bon moment. Il me posa un smack sur les lèvres et fila vers ses obligations familiales.
Nous sommes rester avec le voyeur. Qui continua de ne rester que voyeur et assista à nos ébats, tenailler par l'envie de participer. J'étais un peu tourneboulé par la rapidité des choses, et j'eus plaisir à retrouver G. pour moi, à mon rythme.
Mais c'est plus tard, quand nous reparlâmes de ce qui s'était passé, que cela m'excita le plus. Libéré de l'impression de précipitation, dans une intimité retrouvée, j'éprouvais un grand plaisir à dire à G. qu'il savait drôlement bien sucer, et que j'avais pris soin d'observer sa technique. J'aimais a repenser à la bouche de G. sur la queue du mec, et cela m'excitait de lui dire que j'aurais aimé participer et sucer avec lui.

Le lendemain, nous sommes restés sages sur la plage, plus près de l'eau, sans aller dans les dunes. Nous avions un resto de prévu et donc pas trop de temps en début de soirée, et puis l'ambiance était à autre chose.
Nous avons joué avec la mer. La houle était encore trop puissante pour se baigner vraiment, alors nous jouions à nous faire peur en attendant les plus grosses vagues, en sentant nos pieds s'enfoncer dans le sable au moment du reflux. A un moment, j'ai décidé de m'asseoir dans une énorme vague pour que tout mon corps profite de l'eau. Je riais, un peu chahutée par l'océan. G. m'a imité. Et puis, tout à notre plaisir, nous avons été surpris par une vague plus puissante que les autres. Elle nous a recouverts, roulés, tirés sur le gravier, puis remportés un peu dans l'autre sens, nous laissant des égratignures sur les fesses et le dos. Je riais à perdre haleine, à moitié étouffée par l'eau.
Plus tard, allongés l'un contre l'autre, nous nous caressions doucement. Nous nous souriions, les yeux plongés dans les yeux de l'autre. Nous nous embrassions, et j'étais agitée d'une envie qui devenait irrépressible. Alors je collais ma bouche à son oreille et je disais les deux mots qui allait me libérer de cette envie : « je t'aime ». A son regard un peu perdu tout à coup, à sa façon de presser ses lèvres l'une contre l'autre puis de me serrer très fort contre lui en enfouissant sa tête contre ma poitrine, je compris qu'il aurait voulu me dire la même chose, mais que c'était impossible, qu'il ne s'y autorisait pas. Et c'est avec des périphrases chantournées qu'il me le dit le lendemain, à quelques heures de me quitter : « la chose que tu m'as dites deux fois, tu sais... Moi aussi je le pense, mais je peux pas le dire ». Et puis, sur le quai, au moment où le train partait, il a fait un cœur qui bat avec ses mains.

C'est pas comme si j'avais pas déjà vécu une histoire d'amour avec un mec en couple. C'est pas comme si je ne connaissais pas déjà cette douleur. Non, vraiment, c'est pas comme si...



mercredi 6 juin 2012

Texte d'invité 2 : Fin de partie

Vous aimez me lire ? J'adore vous lire aussi ! 
J'ouvre mon blog une nouvelle fois au texte d'un invité. Un grand merci à lui.
Quand un garçon plutôt sage laisse la joie et le plaisir prendre la barre, c'est forcement intéressant. Et le télescopage avec les érections élections est un détail des plus savoureux. Jugez-en plutôt...


Fin de partie

Commençons par la fin. 

De toute façon, ça se sera passé comme ça pendant un mois. Dès le début, nous savions quand nous allions arrêter. A part ce premier café, pas vraiment de rendez-vous. Un dîner dehors, la semaine dernière. Première sortie en boite de nuit hier soir. Départ, J-2. 

Non vraiment, nous avons tout fait à l’envers. Enfin tout... pour certaines choses, l’envers, l’endroit, le côté, tout faisait foi. Nous nous sommes bien amusés, on ne peut le nier. C’était plaisant, cette affection réciproque qui muaient nos caresses et nos étreintes pendant lesquels l’érotisme faisait bien souvent place à des sensations et des envies nettement moins sublimables. Mais que ce qu’elles étaient bonnes, nos parties de jambes en l’air ! 

Bref, revenons-en à la fin. Hier soir, le restaurant, les clubs, les fumigènes, la lumière des stroboscopes, ce mec-ci qui se frotte à lui, celui-là qui me palpe le cul. Qu’ils essaient, de toutes façons ils ne l’auront ni lui, ni moi. Depuis que nous avons quitté son appart, nous n’aspirons qu’à y retourner. 

Sauf qu’arrivé en bas, l’épiphanie moche : je n’ai pas amené les préservatifs, et lui n’en a pas racheté comme il part dans quelques jours. Et ne nous voilà pas confrontés à l’absurde réalité : quinze minutes pour trouver un distributeur de capotes en plein quartier gay... deux euros les trois, il va falloir savourer... 

On repart vers chez lui, en passant par cette petite rue ou des affichages pour les législatives sont en place. Je suis attiré par la barbie grandeur nature sur fond rose, candidate du Parti du Plaisir. Je ne peux m’empêcher de la prendre en photo alors que lui s’adosse au mur de l’autre côté. Une fois le cliché dans le téléphone, il me tire vers lui. Nous nous embrassons. Avec ardeur. Dans son dos, le mur d’une école. 

Dans le mien, les grand panneaux de métal pour les affichages électoraux. Nos langues se cherchent et se trouvent sans mal. Mes mains trouvent son corps et réciproquement. A 400 mètres à ma droite, une rue perpendiculaire. Même chose à gauche, si ce n’est qu’un camion garé nous protège un peu. 

Mes mains lui caressent déjà les fesses. Avec insistance. Des caresses de plus en plus ciblées qui lui arrachent des gémissements. Sans doute pour se défendre, il enlève ses mains qui caressaient mon torse sous mon t-shirt et les glisse plus bas. La masturbation commence. Il regarde à gauche, puis à droite, et sans avoir le temps de comprendre (les méfaits de la bière), je me retrouve le sexe à l’air. Il se met à genoux et entreprend une fellation. Moi qui suis plutôt classique dans mes pratiques, cet accès d’exhibitionnisme m’excite encore plus. Et merde, un mec vient. Je me rhabille très vite, mais le type doit avoir compris et fait comme s’il n’avait rien vu. Nous sommes encore en lisère du quartier gay après tout... Et mon compagnon de jeux recommence. 

Au bout de quelques minutes entre plaisir et anxiété, je le relève, et le plaque littéralement la tête entre les seins de la Barbie électorale. Je me baisse en même temps que je découvre son cul. Il est temps pour moi de lui arracher quelques gémissements de plus en lui excitant l’anus de ma langue. Lui n’y tient plus, et me demande dans son anglais « Are we gonna stop there ? » 

Je le regarde d’abord médusé, mais l’excitation prend le dessus : je sors les trois capotes de mon baise-en-ville (qui n’aura jamais aussi bien porté son nom) et en enfile une. Pas de gel, il va falloir y aller à l’ancienne (je me refuse à vous l’expliquer.) Et il va aussi falloir y aller doucement, pour ne pas lui faire mal. 

Il est environ quatre heures du matin, nous sommes à Paris, il est tout entier aplati contre une affiche électorale bidon quand je le pénètre. La situation est particulière, entre la peur et l’excitation. Finalement, nous nous abandons à la dernière, tant est si bien qu’en quelques minutes tout est fini pour nous deux. 

Maladroit, je me retire avant d’aller disposer du préservatif dans une poubelle publique sous son regard hilare. A moitié débraillés, grisés autant par nos boissons de la soirée que notre expérience de l’instant, nous repartons vers son appart...

jeudi 5 avril 2012

Anonyme nous raconte : une sauna pas comme les autres

Dès mon billet de présentation je signalais que j'aimais autant lire les autres que raconter mes turpitudes. 
Je suis très contente de pouvoir aujourd’hui mettre mon projet à exécution en publiant le témoignage d'un ami, qui veut rester anonyme.

Son texte arrive dans un timing remarquable, en contre-point de mon récit en deux parties au sujet de mon après-midi avec G. au sauna.

Anonyme lui aussi va au sauna (mais entre hommes), lui aussi était en petite forme quand il a passé la porte de la boite à cul, lui aussi.... Mais je vous laisse découvrir. J'espère que, comme moi, vous aimez voir, ou imaginer, les hommes entre eux. Moi, j'adore ! Rien que d'imaginer G. suçant une bite je me liquéfie. Sans parler du reste... Mais chut... Je laisse place à Anonyme qui nous raconte son histoire.



Un sauna pas comme les autres
Il est environ minuit quand j'arrive devant ce sauna gay parisien. C'est la deuxième fois que j'y vais, à celui-ci. Les palmiers, les dessins sur les portes, ah, que de bons souvenirs ! Pourtant, je me sens mal : des événements récents m'ont énormément perturbé, et je suis encore sous le choc. Contrairement à la première fois, je suis seul. Ce n'est pas un problème en règle générale (j'aime rencontrer des étrangers) mais là, je ne me sens pas d'attaque. J'aurais préféré avoir choisi mes proies avant d'entrer, pour que je n'aie plus qu'à me laisser aller à ce pour quoi je suis ici : profiter de corps d'hommes pour jouir d'un plaisir qu'un corps de femme ne peut pas m'offrir. Et cette envie est extrêmement forte, ce soir, mais je me sens fragile, vulnérable, faible, déprimé, bref, je ne me sens pas en condition pour vraiment prendre mon pied.
Mon passage au vestiaire me rappelle combien j'aime aller au sauna. Ca fait du bien de voir des hommes nus, ça mate bien, et une folle qui repart avec son copain me prend par la taille et m'embrasse en me souhaitant une bonne soirée. Sympa comme tout ! Ca remonte le moral... mais le reste ne remonte pas !
Et ce n'est pas mon passage dans le jacuzzi qui va le faire remonter. Je commence toujours par cet endroit, pour m'acclimater, mais en général, je préfère le hammam et le sauna pour choisir mes proies. Je veux juste me détendre un peu pour l'instant, mais lorsque les yeux fermés, je sens un pied effleurer ma jambe, ça me dérange : d'abord je ne me sens pas prêt du tout, puis les effleurements du pied, ça ne m'a jamais trop plu, et en plus quand j'ouvre les yeux pour me rendre compte de la laideur du type à qui je plais, je me sens encore plus déprimé. Je n'ai même pas envie de lui dire : "non, merci", il comprendra si je l'ignore. Mais il recommence, donc je sors, bien malgré moi. Je me dirige donc vers le hammam, me disant que c'est trop tôt, que je ne suis pas prêt. Je pars perdant : je me vois déjà me sentir paralysé, et si je ne peux rien faire dans le hammam, ça voudra dire que je ne ferai certainement rien de la soirée, que ce n'était pas le bon jour.
J'aime ce très grand hammam, avec plusieurs recoins. Je choisis de me poser dans un coin où il y a de l'activité : des hommes se masturbent. Et il y en a des beaux, parmi les branleurs et parmi les voyeurs ! En temps normal, au bout de cinq minutes, je serais allé caresser la nuque et le dos de l'un d'entre eux. Mais mon pressentiment se confirme : je mate, mais c'est tout. Et ça dure, ça dure... Je commence à me dire que finalement, j'adore cette chaleur, cette humidité, cette odeur typique de hammam, et que j'adore mater aussi. Que je n'aurai pas tout perdu, quoi. Quand je disais que je partais perdant... Un mec arrive, fait le tour et revient s'asseoir dans le même coin que moi. Je ne le vois pas très bien, il est à l'opposé et avec la vapeur... Je ne prête pas attention à lui, mais au bout de cinq minutes, je distingue un large sourire à mon égard. Je commence alors à m'intéresser à lui : il a l'air pas mal du tout, pas un sex-symbol mais plutôt bien foutu. Nous matons d'autres mecs, bien sûr, mais à chaque fois, nos regards finissent par se croiser. Le problème, c'est que ce petit jeu dure très longtemps. Je me sens bel et bien paralysé, les jambes repliées sur le banc, le dos et la tête contre le mur, le sexe désespérément mou. Et je ne me sens même pas la force de lui faire des sourires en retour, lui qui m'en fait plusieurs. Mais il va peut-être se décider, lui ? Il défait sa serviette, et je distingue une sexe très long au repos, ce qui n'est pas pour me déplaire. Je commence à vraiment stresser : je n'irai pas vers lui, et si lui ne vient pas vers moi, ma nuit entière sera pourrie. Il se lève, mon coeur commence à palpiter. Mais il se dirige vers la sortie. Je ne peux pas le laisser passer sous mes yeux, je le veux, il est pour moi. Je me surprends alors à me précipiter pour le rattraper, je lui caresse le dos et l'enlace. Nous nous embrassons tout en nous caressant, je sens ma bite se déployer, et en la collant contre son corps, je sens que la sienne fait de même. Il m'empoigne et se met à me branler doucement, il me regarde droit dans les yeux, et son large sourire est absolument craquant. Pas un sourire lubrique, mais plutôt de la joie ou de l'amusement. Je me sens revivre. Une sensation de légèreté m'envahit, j'ai envie de m'amuser et je suis bien content de savoir que c'est avec ce mec mignon, joyeux et bien monté que je vais jouer. Je lui empoigne la bite de la main droite, j'ai un petit rire étouffé et je l'embrasse à nouveau avant de lui demander où il veut aller. Il me répond, avec un accent charmant : "je ne parle pas bien français". "Are you English ??". Génial ! Baiser en anglais, je n'avais encore jamais essayé.
Il veut aller dans une cabine. Très bien ! Nous prenons l'escalier qui monte au labyrinthe, je maudis ces foutues serviettes, je ne peux pas voir son cul. La première chose que je fais une fois la porte de la cabine fermée et les serviettes balancées ? Je me mets à genoux et admire son sexe au repos. Je n'en ai jamais vu d'aussi longs au repos en vrai, c'est magnifique. Je le caresse doucement, je vérifie avec ma main la taille de ses couilles (pas du tout proportionnelle, tant pis) et je commence à le lécher, puis à l'engloutir dans ma bouche tout en le branlant. J'aime le sentir durcir, même si je ne peux m'empêcher d'être quelque peu déçu de constater qu'il n'est pas énormément plus long en érection qu'au repos ("a shower, not a grower", me dis-je). Toujours est-il que c'est une belle bête, et que je ne peux m'empêcher de lâcher de morceau : "what a nice big cock !". Voilà, maintenant, je me sens vraiment chienne, et c'est à ce moment-là qu'il me relève pour m'embrasser et me masturber. Je lui lèche le visage, j'ai envie de le bouffer tout entier, j'adore sentir son crâne dégarni et ses cheveux ras sous mes mains. Il s'allonge, je fais de même, il se précipite sur ma bite pour la sucer, pendant que je le branle. Ahhh, la fellation, je ne pourrai jamais m'en lasser ! Il fait une pause, me branle pile poil comme il faut, puis commente l'épaisseur de mon sexe avant de se remettre à le sucer, mais en y allant bien à fond cette fois. Ah, c'est une bonne chienne, lui aussi. Nous nous suçons maintenant mutuellement, passionnément. Une petite déception : quand je tente de lui bouffer les couilles, la réponse est claire : "no, not my balls !". Encore un homme qui ne sait pas ce qu'il rate ! C'est tellement bon (l'un de mes défis, c'est de jouir un jour rien que par les couilles, en laissant ma bite en paix... je finirai par y arriver!). Il sort soudain de ma bouche pour se masturber en me disant : "I'm gonna cum, I'm gonna cum !". Je laisse mon visage bien près de lui et reçois son sperme en plein sur ma joue et mes cheveux. J'adore ça ! Il aura droit lui aussi à une éjaculation faciale quelques minutes plus tard. Nous restons allongés pendant longtemps, à nous caresser très tendrement, sans parler. Je suis un peu gêné par ce silence, je me demande tout à coup si j'ai été à la hauteur, si on va s'arrêter là, s'il va rentrer chez lui, s'il va continuer la nuit avec un autre que moi. Moi, j'ai envie de continuer avec lui. Mais j'ai surtout très envie de fumer. Je lui demande comment il s'appelle, quel âge il a. William, 38 ans. C'est la première fois qu'il vient ici. Il est arrivé après le dîner, a baisé avec un mec avant de me rencontrer, mais qui était trop brutal et qui, en gros, voulait juste le sodomiser. Mais lui ne me pose pas beaucoup de questions sur moi. Je flippe. Je lui dis que j'ai envie de fumer, il me dit que ce n'est pas bien, mais il me suit quand je descends au vestiaire pour prendre une clope. Il rentre aussi dans le fumoir avec moi. Il est magnifique, maintenant que je le vois dans une salle bien éclairée, je me rends compte que son visage exprime des choses qui me retournent. Ses yeux, sa bouche, son sourire, sa façon de s'adresser à moi font que je ne le perçois pas comme un simple plan cul.
Nous allons ensuite boire un verre. Dans le vestiaire, un mec qui repart et qui n'a pas pris sa conso comprise dans le prix d'entrée me donne son ticket. J'en fait profiter William. Assis sur les sièges qui surplombent le jacuzzi, nos verres à la main, nous nous parlons plus naturellement. Nous passons beaucoup de temps à nous embrasser et nous caresser tendrement. Nous nous avouons à quel point nous nous plaisons mutuellement, et pas que pour le physique. Nous avons tous les deux le sentiment de nous être bien trouvés. Nous nous ressemblons pas mal, en fait. Ce mec éveille ma curiosité, il ne doit pas être intéressant que pour le cul. Il est rarissime que je pense ça dans un sauna...
Nous décidons d'aller nous baigner dans la grande piscine entre les deux jacuzzis, piscine où il n'y a absolument personne. William y va en premier puis je plonge et passe entre ses cuisses pour m'accrocher ensuite à ses épaules en enroulant les jambes autour de sa taille. Tous les mecs assis autour de la piscine nous matent je me sens fier d'être avec lui, nous respirons la joie tous les deux. Mais il ne fait pas chaud, et nous allons dans le jacuzzi, où nous reprenons mes caresses. Quand il me dit : "Fuck ! You're rock hard !", je n'y tiens plus, je me mets face à lui, lui glisse un doigt dans le cul et commence à me frotter contre son ventre, jusqu'à ce qu'il me branle énergiquement. Nous nous faisons rappeler à l'ordre, pas de rapports sexuels dans les jacuzzis ! Très bien, direction sauna sec, alors ! Il est brûlant, génial ! Je m'installe sur le banc supérieur puis quand nous commençons à bien suer, je lui ordonne de descendre sur le banc inférieur et de me sucer. Difficile de dire ce qu'est le moment préféré dans la baise, mais en tous cas, je ne ressens pas mon érection dans un sauna sec de la même manière qu'ailleurs, et ce cocktail explosif entre la chaleur brûlante, la jouissance ressentie tout le long de ma bite et la vue et le toucher d'une tête dégoulinant de sueur et faisant le va-et-vient entre mes cuisses constitue une expérience incomparable. Après une nouvelle éjac faciale bien méritée, nous filons vite sous la douche bien froide. Puis une nouvelle pause-clope lui donne l'occasion de me demander comment on fait la différence en français entre "I love you" et "I like you". Il me dit alors qu'il m'aime bien. Ca me retourne. Je suis à deux doigts de lui dire : "but I love you", mais je ne suis pas totalement sûr de moi, et puis à quoi bon ? Il repart ce matin pour Londres, et moi pour ma province. Il justifie ce "je t'aime bien" en me disant qu'avec d'autres mecs, jamais il n'aurait mis les pieds dans un fumoir, lui qui est si anti-tabac. Bon, je me demande s'il m'aime bien ou s'il m'aime. Mais peu importe.
Nous voici à nouveau en cabine. Nous sommes tous les deux fans de branle et de suce. Nous nous en donnons à coeur joie. Mais je lui ai dit dans le jacuzzi que j'avais un trip particulier avec les couilles, alors il s'occupe bien d'elles, mais on voit que ce n'est pas un habitué. Je lui demande alors : "can I ask you something ? Can I eat your ass ?". Sa réponse est sans appel : "Oh, fuck, yeah, please rim my ass !!". Vu ses gémissements de plaisir, pas de doute, il jouit lui aussi du cul. Il me demande au bout d'un moment de le pénétrer. Grosse angoisse. Je ne l'ai fait qu'une fois jusqu'à présent, et j'ai aimé, mais sans plus. Mais surtout, vu qu'il a beaucoup plus d'expérience que moi, je ressens subitement l'angoisse de la performance. Lui qui s'est fait prendre des dizaines ou des centaines de fois, ne va-t-il pas être déçu par un débutant ? Bon, je prends du gel, j'enfile un doigt, mais au moment de dérouler la capote... la débandade !! Merde !! Il me rassure, ce n'est pas grave du tout, il est très bien avec moi même sans ça. Puis il me bouffe le cul à son tour. Je redécouvre l'intensité de ce plaisir, je ne peux réprimer mes cris, à chaque coup de langue. Pour jouir, je me retourne afin de lui arroser le torse. Il jouit sur mon ventre peu de temps après.
Pause-clope, bière, puis hammam. Nous nous embrassons et nous banlons mutuellement. Très vite, un mec vient à ma gauche, ma caresse et me suce. Puis un autre mec vient faire la même chose à William. J'adore cette sensation : nous sommes de vrais pachas, avec des hommes à nos pieds. Mais très vite, William se désintéresse de son suceur, qui repart. Nous nous levons ensuite pour repartir en cabine, et là, je lui demande si ça lui dirait un plan à trois. Dans l'absolu, oui, mais pas avec mon suceur. Je dis donc au-revoir à celui-ci. En cabine, j'arrive à lé pénétrer, mais au bout de quelques minutes, cette angoisse de la performance revient, et mes sensations diminuent. Je préfère ne pas insister, je me retire, et le m'excuse platement. Je me sens très mal. Il me rassure à nouveau, il se sent vraiment bien avec moi et il n'a pas besoin de se faire prendre pour être comblé. Et là, c'est parti pour environ deux heures de tendresse, de caresses, de baisers, de branle tout en douceur, jusqu'au petit matin. Nous sommes enfermés dans notre cellule, comme dans une bulle, nous ne sommes plus que tous les deux dans cette boîte, et c'est ce que nous voulons, sentant approcher la séparation.
A 5h30, après nous être rhabillés, nous nous quittons, et j'ai envie de pleurer. Je souffre de le laisser partir comme ça, sans aucun moyen de le joindre un jour, mais lui a l'air déterminé, et il a raison : tout va s'arrêter maintenant. Nous nous remercions pour cette formidable nuit passée ensemble. Dès qu'il disparaît de ma vue, mes larmes coulent, de fatigue, d'émotion, et peut-être d'amour.