vendredi 2 novembre 2012

Prends ça, c'est franco de port

Cette après-midi, j'ai fait la queue plus d'une heure trente au musée des arts et métiers pour aller voir une exposition sur les robots. 
Tranquillement installée à la queue le leu, de la musique dans les oreilles, un bouquin en main, tout était dans le meilleur des mondes (celui d'Huxley, surement), surtout que j'avais décidé de me faire la totale : expo et salon de thé.



Mais, en sourdine, il y avait un évènement de la veille. Et de temps en temps, la toile de fond prenait le pas sur le motif. Mes yeux perdaient le fil, mon esprit ressassait. Et j'en étais a repasser le film, à me demander : "et quand il t'as relever ta jupe, dans l’ascenseur, pour voir si tu portais une culotte, se forçait-il ? En fait, il a fallut que tu insistes sur cette histoire de culotte pour qu'il daigne aller vérifier. Alors que tu sentais une onde de désir monter entre tes jambes, électriser ton ventre, contracter ton vagin, en sentant l'étoffe de ta jupe remonter centimètre après centimètre, puis ses mains venir te tâter, était-il juste ennuyé ou carrément dégoûté ?", "et quand il s'est jeté sur le lit pour te bouffer la chatte, se forçait-il ?"

J'avais les yeux qui picotaient encore de la veille, ce qui me mettait déjà en rage, et je n'avais pas l'intention de ressembler à un panda en visite au musée. J'arrivais à ne pas pleurer, mais les images de la veille et de la soirée de l'avant veille me pilonnaient le cerveau. Et alors un millier de chevaux ont débarqués dans mon ventre, broyant mes viscères. Non, pas question de vomir là, encore moins me vider par l'autre bout. Les efforts que je faisais pour rester digne, résister à la douleur et à la nausée me sciaient en deux, pendant que je gardais la tête plongée dans mon bouquin. J'aurais aimé m'asseoir mais le seul banc à proximité était trempé.

Je fini par fermer mon livre, que je ne lisais plus, et fit mine de m’intéresser aux gueules des gens dans la queue. Je respirais par le ventre, lentement, espérant que cela calme ma débâcle. Je serrais les fesses, priant pour que mes intestins ne me lâchent pas totalement. Le moins qu'on puisse dire c'est que je ne suis pas coutumière du fait. Mais que cela s'est reproduit depuis, jusque devant mon clavier pour écrire ce billet, chaque fois qu'aujourd'hui j'ai évoqué ces moments passés avec L. en me posant cette question qui me détruisait : "Et là, s'est-il forcé ?"

Car L. ne sait pas dire non. Ni "j'y réfléchirai", encore moins "pas cette semaine, je te tiens au courant". Il a fixé un rendez-vous alors qu'il n'en avait pas envie. Et je n'ai pas eu besoin de longues explications pour comprendre ce qu'il avait ressenti, ce sentiment de piège, cette impression de contrainte, de ne pouvoir s'échapper. Sauf que là, de façon renversée, j'ai tenu le rôle du geôlier, le rôle du salaud qui mène son mouton à l'abattoir. Et ca m'est insupportable. 

L'expo sur les robots n'est pas des plus réussie, le financier avec sa boule de vanille était très correct, le thé Mariage Frères parfait.




mercredi 31 octobre 2012

Rétropective

G., après avoir lu mon dernier billet, m'a dit être passablement surpris. 

Je semblais particulièrement joyeuse, heureuse, et il avait pu s'en rendre compte de visu la veille puisqu'il avait profité d'une RTT volée pour venir me voir à Paris, tout roulait pour moi, mon histoire avec L. lui semblait tout ce qu'il y avait de plus prometteuse, et vlan, la mouche dans le lait, le billet tristoune.

G. a le don des bonnes questions, ca n'est pas la première fois que je le remarque. C'est vrai, ca, pourquoi choisir les dix minutes d'orage au milieu d'un ciel d'été ?

Ecrire, c'est mettre les choses au clair pour s'en défaire. Un peu comme on met ses affaires en ordre avant de sortir. Le dire, ca marche aussi. Il m'est souvent arrivé d'être hantée par une émotion, une sensation, et de la voir se dissoudre au fur et à mesure que j'en parlais. Mais c'est vrai pour tout le monde non ? Or, quand donc parler de cette aventure intérieure qui m'est arrivée l'autre soir quand L. m'a "abandonné lâchement" pour au moins dix minutes ? Il y a des choses que je ne dis pas, mais que j'écris. Elles sont alors bien rangées, bien ordonnées, elles sortent du chaos et deviennent inoffensives.

Mais, je dois bien reconnaître que mon billet de l'autre fois avait un autre but (au moins un autre, je suis comme les oignons, y a toujours une couche sous la couche), qui m'est apparu quand G. m'a fait remarquer que ca me ressemblait bien peu, que, au final je donnais une image bien déformée de ce que je vivais et de ce que j'étais. G. est bien placé pour savoir qu'il n'y a pas beaucoup plus enjouée, stable, et même équilibrée que moi (car connaître ses failles, c'est déjà les maîtriser).

Je sens bien que ce billet de la dernière fois, honnête et sincère au demeurant, mais un peu "hors contexte" il est vrai, était tout bien ficelé aussi pour dire à L. : "attention mon gars, si tu crois que les choses vont être faciles mon bonhomme, tu te fiches le doigt dans l'oeil". Oui, ce billet fleure bon l'avertissement dissuasif, voire la tentation de sabotage.

Va falloir surveiller ca, ma p'tite dame !


dimanche 28 octobre 2012

"Je t'abandonne lâchement'

Je sais, je vais en décevoir plus d'un. Une fois encore, je ne vais pas raconter une partie de jambes en l'air. Pourtant, j'ai de la matière, mais, allez savoir pourquoi, j'ai envie de me garder tout ca pour moi en ce moment.

L. s’apprêtait à me quitter cette après-midi, et il utilisa la formule qui sert de titre à mon article : "je vais t'abandonner lâchement". Formule qui n'est plus anodine pour moi, et que je n'utilise plus jamais, depuis que ma psy m'a expliqué plusieurs fois qu'un adulte on le quittait, on le laissait, mais on ne l'abandonnait pas. L'abandon est réservé aux enfants (aux animaux domestiques, peut-être aussi, mais ca, ma psy n'en a pas fait état). Les premières fois que cette vérité a sonnée à mes oreilles, je l'ai trouvé assez oiseuse et, pour tout dire, verbeuse. Depuis, j'ai compris. Et, comme je l'expliquai assez sentencieusement à L., abandonner un enfant, c'est le mettre en danger grave et immédiat, peut-être même en danger de mort. Un adulte est en capacité de vivre sans l'autre sans mettre en jeu ni son pronostic vital, ni sa santé mentale.

Certes. Et pourtant, L. m'avait déjà abandonné. Comme presque tous les êtres que j'ai rencontré. 

Hier soir, dans le métro, pour commencer. Il marchait à 40 cm de moi, et un malaise diffus m'envahi, puis grandit comme une ombre géante. Je sentais L. s'éloigner de moi, je le sentais loin, je me sentais seule, délaissée, dans un monde de plus en plus menaçant. Petit à petit, je ne voyais autour de moi que visages grimaçants, humains imprévisibles, mouvements brusques, et ce gouffre de 40 cm. Que je fini par franchir en glissant ma main dans la sienne, avec au ventre la terreur qu'il ne la rejette.

Plus tard, lors de la soirée où nous étions ensemble, il s'était levé pour aller se débarrasser de son assiette, et avait disparu depuis un moment vers le buffet. Sentant l'habituel sentiment d'étrangeté et de frayeur pointer son nez, je décidais d'appliquer la méthode, ma méthode, anti-abandonnite aigue. J'avais faim, javais envie d'une deuxième assiette de buffet, la seule chose à faire était donc de m'occuper de cela, plutôt que de me déconfire sur mon siège. Et le mieux était de partager mon bout de repas avec quelqu'un, aussi je repérais une amie de L. pour la rejoindre une fois mon assiette remplie. J'avais aussi le secret espoir de retrouver L. à proximité du buffet, ou en chemin.
Arrivée dans la queue pour me servir au buffet, mes affaires ne s'étaient pas arrangées. J'avais désormais envie de fuir, de prendre mes cliques et mes claques et de filer sous ma couette. Tout plutôt que de constater de visu que, effectivement L. en avait eu ras les couettes de se traîner Marionde à ses basques, ou qu'il avait trouvé distraction plus amusante, et qu'il allait bel et bien m'abandonner là, en terrain hostile, de façon violente, il allait me jeter comme une crotte, et longtemps je garderai imprimé dans ma mémoire son regard méprisant. 

Je connais tellement bien le processus que, parallèlement, la machine à remonter la pente glissante s'était mise en branle. 
Une voix bienveillante me parlait dans un coin de mon cerveau.
Rien, mais alors rien du tout, pas même un geste, un coup d'oeil, un souffle, ne pouvait accréditer l'idée que L. allait faire cela. Et même, tout me laissait présager l'inverse. En y pensant sérieusement je ne l'imaginais pas un instant se comporter de la sorte.
Nous nous étions perdu de vue depuis au moins, oh... cinq minutes. Ne pouvait-il pas aller pisser ce pauvre homme ? Ou même avoir envie de se dégourdir les jambes, ou bien papoter quelque part avec une connaissance ? 
Et surtout, en mettant les choses aux pires, et en imaginant que mes pires craintes se réalisent, non, je n'allais pas mourir en ces contrées glaciales et hostiles. Non, je n'étais pas incapable de passer la soirée peinarde ici, même sans lui, et de prendre ensuite le métro et rentrer chez moi. 
Je savais tout cela et pourtant, une peur immense me tenaillait les tripes, montait comme une lame de glace dans mes poumons me coupant le souffle.
En filigrane, je ne perdais pas de vue que l'important était de ne pas laisser cette peur avoir raison de moi, avoir raison du moment. Il me fallait la canaliser pour aller au bout sans qu'elle n’abîme rien sur son passage, et surtout pas le bon moment que je m'offrais avec L. 
Car j'en ai connu, de ces moments de panique qui se finissaient en dispute ou en fuite. Non, ca, pas question !

La seule chose qui me sauve dans ces cas là (et il se présentent régulièrement), c'est de savoir que cela va passer, et de me répéter ce que ma psy m'a dit nombre de fois : "un adulte, on ne l'abandonne pas, et vous êtes adulte". Pourtant, je fus fort dépiter lorsque j'ai réalisé que je ne me débarrasserai jamais totalement de ce sentiment de mort. Cela revient, parfois au moment où je ne m'y attends plus.

Alors, vous vous en doutez, j'ai retrouvé L. 
J'ai mangé mon assiette en compagnie de la copine, distrayant mon angoisse en bavardant avec elle. Lorsqu'elle m'a demandé par deux fois ou était passé L., j'ai répondu d'un ton dégagé que je ne savais pas, puis qu'il ne devait pas être bien loin.
Non, il n'était pas loin, et il sembla visiblement très content de me retrouver. 

Rien, ni personne, ne pourra guérir définitivement cette plaie là. Et le pire qui pourrait arriver c'est de rencontrer un sauveur qui chercherait à me préserver de ce sentiment de danger de mort, modelant ses actions en fonction de ma névrose. Car cette peur, je dois la rencontrer pour m'y colleter, la dompter, apprendre à vivre avec du mieux possible. La surmonter, comme je l'ai fait hier, mais de mieux en mieux, en me faisant de moins en moins de mal.



mercredi 24 octobre 2012

Pédagogie du détour

C'était quand même suspect. 

Cet homme, vaguement croisé deux fois en soirées il y avait déjà un brave moment, qui prenait contact comme si de rien n'était, juste au moment où il se retrouvait célibataire, et se mettait même à me causer régulièrement. 

Alors, je posais la question qui me taraudait, brutalement : "Dis, j'ai une question... tu veux me sauter ?"
Ce à quoi il répondit que non, il ne voulait pas me sauter, même si j'étais fort à son goût. Il s'intéressait à tout autre chose, à mon cerveau, mon intelligence. Je l'avais toujours intrigué, alors voilà. 

Il est probable qu'il voulait surtout ménager quelque peu ses effets (pour autant que cela était encore possible), et ne pas se prendre un râteau trop direct, là, tout de suite, sans avoir pu développer sa stratégie d'approche. Mais il m'offrit ce jour là une occasion assez rare de distraire ma peur, et de contourner quelques obstacles émotionnels. La pédagogie du détour, c'est aller au but (la notion à enseigner) en contournant les obstacles cognitifs grâce à un chemin qui semble aller ailleurs.  Je m'engouffrais donc avec ravissement dans le détour proposé, trop heureuse de jouer un peu à me faire duper. Il n'en voulait pas à mon cul ? Quelle merveilleuse nouvelle, répondais-je ! Car je ne voulais pas baiser avec lui, ni avec grand monde au demeurant, je ne rencontrais plus. Nous avons donc convenu que nous ne baiserions pas. C'était merveilleux de s'entendre ainsi si facilement sur des sujets qui fâchaient habituellement, n'était-il pas ?

Nous nous vîmes un après midi pour boire un verre dans un café. Et nous avons refait le monde pendant des heures, devant un verre plein, puis vide. Il m'offrit le verre. Je pensais ensuite que pour ménager notre jeu "nous ne sommes que potes" il eut été juste que je paye la mienne. Mais je n'ai pas vu le temps passer, et j'avais de fait oublier où nous étions, et qu'il suffisait de lever la main pour que le serveur accoure. 

Très agréablement, je pouvais rencontrer le monsieur, discuter avec lui sur le net de choses de plus en plus intimes, sans être écrasée sous le poids d'un quelconque enjeu. Planquée dans le chemin détourné, je pouvais observer le but caché, mesurer le désir que j'avais de l'atteindre, changer d'avis plusieurs fois, et surtout, très régulièrement, faire semblant de croire au détour.

Car il faut bien, à certains moments, y croire à ce détour pour qu'il fonctionne. Et j'avais grand besoin d'y croire. J'ai déjà parlé de mes fiascos avec les mecs "pas en couple". J'ai, dans ma besace, une infinité de techniques éprouvées pour faire capoter le moindre moment de plaisir avec un mec "pas en couple". Depuis le choix "malencontreux" (comme par hasard) jusqu'à l'ironie dévastatrice en passant par la posture écrasante de celle qui n'a besoin de rien, et surtout pas "d'un petit bonhomme comme toi". 

Pourtant, j'ai suffisamment exploré la planète des "hommes en couple" pour savoir qu'elle ne me réussi pas. J'en suis arrivé à ne plus rencontrer parce que je suis dans l'incapacité de rencontrer des hommes qui me conviennent. "En couple", je n'en veux plus, j'en suis dégoûtée. "Pas en couple" ca ne fonctionne jamais. Et quand je dis que ca ne fonctionne jamais, je ne parle pas d'une histoire au long court, de cette chose aussi étrange et inaccessible pour moi qu'une vraie histoire sentimentale (je sais, il parait que ca existe, dans les livres non ? Dans les films ? Enfin, en tout cas, dans la vraie vie ca fait tellement longtemps que ca ne m'est pas arrivé que je doute de l’existence de cette légende urbaine. Je ne compte bien entendu pas là dedans mes histoires parfois passionnelles avec des hommes "en couple", ca, ce ne sont justement que des détours, pas de vraies histoires affreusement engageantes). Je parle donc, déjà, d'une rencontre câline, enfin de plusieurs, attendu que les one shot, c'est parfois bien commode, mais ca n'est pas un but en soi. 

Pour le reste, je préfère ne pas y penser, puisque c'est une légende urbaine, donc, comme je le disais plus haut. Et puisque c'est bien cela qui me fait me terrer dans mes histoires à la con avec ma flopée de mec "en couple". En voilà bien qui ne m'envahiront pas, ne me happeront pas à leur seul service (il y a déjà une préposée), ne me causeront pas d'aller passer huit jours chez leur mère, ou, pire, ne me demanderont pas de m'occuper de leurs gosses pendant les vacances, ne me feront pas culpabiliser d'aller à un atelier d'écriture le samedi et me coucher à 21h00, ne me regarderont pas d'un oeil suspicieux quand je goûte pantagruelliquement, ne trouverons rien à redire si je peins MES chiottes en rose ou MA cuisine en violet, ou si je passe mon dimanche à écrire, en parlant tout haut et pouffant de rire toute seule comme une demeurée. En voilà bien qui ne me demanderont pas de comptes sur mes dépenses, mes sorties et heures de retours, mes goûts étranges, ma flemmardise. Qui ne m’entendront pas ronfler la nuit, qui ne s'occuperont pas de mon linge salle, ne verront pas mes poils repousser, mes cheveux boucher le lavabo, mes draps tachés quand mon tampon a débordé, la vaisselle que j'oublie dans l'évier, mes repas de pain/fromage parce que ca fait chier de cuisiner, etc...

Mon dieu, ca y est, j'étouffe... 

Et donc, me voilà privée de câlins pour cause d'incompatibilité totale avec les hommes. 



Autant le dire, j'ai joui assez régulièrement avec L. (appelons donc le L., même si ce n'est pas la bonne lettre, car elle est déjà prise) de ce petit jeu. J'ai profité de nombreuses occasions de lui rappeler notre contrat de départ : pas de sexe. Lui, insidieusement, ramenait régulièrement le sujet sur le tapis. Finalement, baiser ou pas, ca n'était pas l'important, n'est-ce pas ? Lors, donc, pourquoi ne pas baiser, en plus du reste ? Que nenni, que nenni. En fait, outre le détour que cela me permettait, j'éprouvais une joie un peu taquine à le prendre à son propre piège. Après tout, c'était bien lui qui avait dit qu'il ne voulait pas de moi, non ? Alors rame, mon gars !

Je lui rappelais encore notre feuille de route (pas de sexe) quand, allongés sur mon lit pour un câlin sans sexe, puisque je lui avais fait état de mon envie de câlins chastes, et qu'il s'était déclaré bon pour ce service, nos caresses devenaient visiblement assez sexuelles. Cette histoire de câlin sans sexe ne tenait bien évidemment pas la route, autrement que sur le papier, autrement que dans le monde des enfants qui jouent à "on dirait que je serais le docteur". Mais y croire, même à moitié, même pas très sérieusement, c'était pour moi le détour nécessaire pour arriver à passer un moment intime et  réussi avec un homme "pas en couple".

Mais finalement la séduction, n'est-ce pas en quelque sorte toujours une pédagogie du détour ? Et l'inverse étant vrai, la pédagogie du détour, n'est-ce pas l'art de séduire ? Car il y a, dans les deux cas, cette tentation de la manipulation acceptée. On sait où l'on veut nous mener, et d'ailleurs, c'est là qu'on veut aller aussi, mais on fait mine de croire autre chose, de croire au détour dans lequel on nous embarque. La limite de l'exercice étant la vraie manipulation, ou la démagogie, quand le détour n'est plus seulement une agréable et intelligente distraction où personne n'est vraiment dupe, mais une façon pour le séducteur d'imposer son but.

J'étais confortablement installée dans les bras de L., le tête sur son torse, face à l'échec total de notre engagement de départ (pour mémoire : pas de sexe), lorsqu'il me traita gentiment de "voyoute". Je demandais des éclaircissements. Moi ? Voyoute ? Comment ca ? Mais il ne m'expliqua pas. Alors je niais, avec malgré tout la sensation qu'une certaine mauvaise foi était à l'oeuvre. La mienne, ou la sienne ? Moi, voyoute ? Je ne voyais vraiment pas ce qui lui permettait de dire ca. Mais un doute s'était insinué en moi. Etait-ce bien lui qui m'avais mené dans le détour ? Ou avait-il finalement la sensation d'avoir été mené par le bout du nez ? 

samedi 15 septembre 2012

Rien à battre

A. n'en a rien à battre de ma tronche. Et ca ne changera jamais. D'ailleurs, il a l'adresse de mon blog mais ne le lit pas. D'ailleurs, il m'arrive de me demander s'il se souvient de mon prénom, en tout cas il ne l'utilise pas.

Il sait m'amadouer quand il a envie de baiser, et alors que j'ai déjà pris plusieurs fois la résolution de ne plus coucher avec lui, et bien il arrive malgré tout à ses fins. Alors même que de rencontre en rencontre mon corps se ferme, se fige : je ressens sexuellement de moins en moins de plaisir avec lui. 

Oh, il n'est pas magicien, ni hypnotiseur, juste un peu manipulateur. Et idéalement correspondant à une faille profonde de ma personnalité. Autant dire qu'il n'est pour rien dans ma petite agitation intérieure.

Je ne connais A. que depuis quelques mois, et nous nous sommes vus cinq fois. Je le connais donc peu. Pourtant, j'ai la sensation tenace qu'il existe une seule personne importante pour lui sur cette terre : lui-même. J'imagine que quelques autres personnes doivent avoir un rôle dans sa vie, et qu'il doit les considérer comme importantes. Importantes en temps que telle ou en temps que prolongements de lui-même ? Mais je lui fais là un procès d'intention, ce sont là des accusations gratuites, basées seulement sur les sensations que me laisse A. lorsqu'il a baiser et va donc m'ignorer pendant un temps. Et sur quelques autres propos.

Je connais si peu A. qu'il est improbable que je tienne à lui, à sa personne, à son être. Et puis A. n'est pas attachant, il est irritant.

Mais A. représente quelque chose pour moi. Écrivain, éditeur, journaliste, il représente tout ce qui me tient à coeur, tout ce que je voudrais être, ou aurais voulu être par le passé. Il est de cet univers littéraire dont je ne suis qu'un misérable et ridicule satellite amateur. 

J'ai rencontré très tôt deux personnes qui représentaient tout ce qui était important pour moi, que je regardais comme des êtres quasiment divins, inaccessibles, inimitables... Mais pour qui je n'étais rien, qui ne me portaient aucune attention sinon pratique. Je n'existais pas pour mes parents, en tout cas pas en tant que personne. Mes parents ne connaissent pas mes goûts, mes passades, mes désirs plus profonds, pas plus que mes peurs. Nous n'avons pas les mêmes souvenirs, ils n'ont jamais été curieux de mon avenir, ils ne connaissent même plus mon adresse, sans que cela soit un problème pour eux.

J'ai cherché pendant longtemps a devenir importante aux yeux de mes parents. La place qu'on ne me laissait pas, la place qu'on ne me donnait pas, je l'ai prise physiquement : je suis devenue grosse, énorme, pesante, incontournable. J'étais bavarde à la maison (mutique au dehors). J'étais drôle, je faisais le clown. J'inventais tout un tas d'évènements pour attirer l'attention. Un jour, un amant de ma mère a dit de moi : "avec elle, c'est comme les galeries Lafayette, il se passe toujours quelque chose". Je voulais exister. Etre importante.

Sans succès.

Avec A., j'ai la nette conscience de vouloir "faire l'importante". Je voudrais exister vraiment pour lui. Et moins il me montre d'intérêt plus je m'accroche désespérément dans l'espoir insensé que cela change.  Pourtant, je sais bien que c'est voué à l'échec. Pire, je sais que c'est mieux. A. n'est pas un humain compatible avec moi.












Texte d'invité : "Trop tard pour penser", par Sertorius


Il y a quelques temps, j'ai reçu ce très beau texte. 

J'ai tardé à le publier, et je suis sans excuse, si ce n'est la fatigue de la rentrée, ma connexion en free wi-fi totalement inadaptée, et l'envie de ne plus avoir affaire aux hommes, même de mots.

Je viens de relire ce texte pour le publier. Et je n'ai qu'un cri : à quand la suite, Sertorius ?! 


Il s’appelle A***, et il habite A***. C’est un beau brun aux yeux bleus, cheveux mi-longs et musicien. Il a 30 ans, comme moi. Je l’ai rencontré à la soirée d’une amie. Il est plutôt timide, mais il le cache bien. Il est tendre, attentif, et intelligent. Il rit pour un rien, et il fait beaucoup rire. Un humour un peu acerbe, mais toujours gentil.

Il m’avait remarqué bien avant que je le voie – je ne l’apprendrais que quelques semaines plus tard. On a discuté, de tout et de rien. On a évoqué Grieg, Dom Juan, Rossini. Il m’a parlé de sa famille, de son métier, de ses études. J’ai écouté attentivement le récit de ses voyages, le nom des films qu’il aime, les titres de ses dernières lectures.

Ma main a frôlé la sienne. J’avais peur qu’il n’aime pas les garçons, qu’il soit intimidé, qu’il me trouve lourd… Il n’a pas eu l’air gêné. Ma main a frôlé son genou. J’avais un peu peur, là encore. Il m’a regardé brièvement, puis il a tourné le regard. On a parlé encore un peu, il est parti se servir un verre, il n’est pas revenu. Je l’ai suivi, prétextant vouloir parler avec la personne assise à côté de lui. On a discuté. J’ai senti sa main quelques secondes contre ma cuisse. J’ai souri légèrement ; il ne me regardait pas. L’incertitude n’était pas tout à fait levée.

On a dansé un peu, en groupe, sur de la musique moderne où l’on n’a que peu de contacts les uns avec les autres. On s’est promené un peu la nuit, en groupe toujours, mais on s’est isolés des autres. Une fille propose de prendre une photo de groupe : je mets vite mon bras autour de ses épaules, et on sourit comme des amis. On ne se connaît que depuis trois heures, mais je me sens déjà un peu proche de lui.

On rentre. Mon amie me propose de dormir chez elle, mais ce n’était pas prévu, et je suis incertain. Il y a une place disponible, ajoute mon amie, si on rajoute un matelas dans la même pièce que A***, qui dort ici aussi. Sur cette dernière précision, j’accepte de passer la nuit. Il y a des hasards qui font plutôt bien les choses – et ce n’est pas un complot de l’amie : elle est plutôt homophobe. A*** ne m’a pas regardé une seule fois pendant la discussion entre mon amie et moi, même quand j’ai hésité. Il aurait pu intervenir pour m’inciter à dormir là, faire un petit geste… Je ne suis vraiment pas sûr de l’intéresser vraiment.

Tout le monde est parti se coucher. A*** est dans la salle de bains. Les matelas sont posés en parallèle, écartés d’un peu moins d’un mètre l’un de l’autre, dans le grand salon. Il faut mettre des draps par dessus : je les installe rapidement, et j’en profite surtout pour rapprocher les matelas. A*** revient. Il ne proteste pas en voyant les matelas quasiment l’un à côté de l’autre. Il se couche, il éteint les lumières.
« Bonne nuit ». « Bonne nuit ».
Et plus rien.


Je sors ma main du drap. Je la fais glisser sur le sol. On dirait un serpent qui s’avance tout doucement. On n’entend toujours rien dans la pièce, à part le léger frottement de ma main sur le parquet. Je touche son matelas. Je monte un peu ma main sur le caoutchouc, en avançant les doigts un par un – cette fois c’est sûr, ma main s’est transformée en araignée. Je touche sa main, à peine quelques millimètres de contact entre nos deux peaux. Je ne bouge plus. J’ai le cœur qui tape. Fort. Il ne bouge pas sa main. J’attends un peu. Rien. Je commence à caresser sa main très légèrement, en avançant puis en reculant mon doigt de quelques millimètres. Il ne bouge toujours pas. J’angoisse.

Un petit bruit. Il tourne la tête vers moi. Il rapproche sa main. Je rapproche la mienne, et je lui caresse le dos de la main, de manière plus explicite. On ne se dit rien l’un à l’autre. Je prends sa main dans la mienne, et je me sens soulagé, presque heureux. Je me rapproche cette fois complètement, et je quitte mon matelas (le parquet est un peu froid, mais tant pis). Ma main quitte la sienne et remonte vers l’avant-bras, puis le bras, et enfin l’épaule. Il a la peau douce. Il est plus poilu que moi. Il ne dit toujours rien. Je sens ma respiration s’accélérer. Je pose ma deuxième main sur son cou, à cheval sur son T-shirt et sur sa peau. Je la glisse doucement dans son T-shirt. Je me redresse un peu, puis je me penche vers lui, et je pose mes lèvres sur son cou pour lui faire un baiser.

Il est toujours sur le ventre. Il sent délicieusement bon. Ma main remonte le long de son dos. Sa peau est absolument douce. De la main droite, je caresse son bras droit, en remontant et en descendant le long de ses muscles. Je lui enlève son T-shirt – il m’aide un peu en se redressant. Il se met sur le dos, je me mets sur lui. Il glisse ses mains sur mes abdominaux et remonte au nombril puis au plexus. Il lève mon T-shirt, et me fait comprendre que je dois le retirer. Je m’exécute avec grand plaisir.

On se serre l’un contre l’autre, moi au-dessus, lui en-dessous. J’adore sentir sa peau – dans tous les sens du terme. Elle est chaude, elle est douce, elle sent bon. Je l’embrasse sur la poitrine, dans le cou, sur les tétons. Il se laisse aller aux sensations. Sa respiration est tranquille, mais parfois un peu saccadée. Notre premier baiser sur la bouche. Il m’embrasse, mais sans la langue. Il sera toujours rétif à ce qu’on s’embrasse sur la bouche. Une manière de me signifier qu’il n’est pas amoureux, sans doute…

J’ai un peu de scrupules pour mon copain, qui est resté à la maison. Je ne l’avais jamais trompé auparavant. Je ne sais pas si je dois me considérer comme un horrible traître, ou relativiser en me disant qu’il dort, à cette heure-ci, et que je ne le prive de rien. On s’était déjà dit l’un à l’autre qu’on était plutôt libres dans le couple, mais j’avais toujours semblé en être plus convaincu que lui ne l’était vraiment…

Trop tard pour penser. J’embrasse A*** sur les joues et sur le front ; ma main glisse dans ses cheveux ; je lui caresse le torse. Il tend ses mains vers moi et joue avec mes tétons. Je ne peux m’empêcher de lui embrasser le cou. Je descends ma bouche peu à peu. Les poils sont plus abondants en haut de sa poitrine ; se font un peu plus rare sur les abdos, et reprennent peu à peu au fur et mesure que je descends.

J’arrive vers son caleçon. Je frotte ma tête sur sa verge à travers le caleçon. Il est très excité, et apparemment bien membré. Il me caresse la tête et les épaules ; je l’embrasse sur le tissu du caleçon. Sa verge est dure, je baisse le caleçon et commence à le lécher, du gland aux couilles, et vice-versa. Il a l’air d’aimer. Je baisse son caleçon, il lève légèrement le bassin puis lève les jambes, ce qui me permet de lui enlever complètement ce fichu morceau de tissu qui restait le dernier écran entre nous deux.

Je lèche, j’embrasse, je titille ses couilles, sa verge et son gland. J’engouffre peu à peu son sexe, d’abord simplement le gland, puis la moitié, puis tout le sexe, par petites secousses et saccades. Je m’en donne à cœur joie ; il me caresse toujours les épaules et la tête ; il me passe la main dans les cheveux. J’ai les genoux sur le parquet, mais je ne sens plus le froid du sol. Le caoutchouc du matelas crisse un peu, mais le bruit est assez discret pour que personne ne nous entende, tout comme ses petits gémissements étouffés.

Je crois bien qu’il fait environ 20cm de long. N’ayant pas de règle ni de mètre à ma disposition, je me repère à deux points irréfutables : son gland touche son nombril, et j’ai un peu de mal à enfourner tout son sexe dans ma bouche et ma gorge. N’ayant aucun mal pour 18cm, je pense donc qu’on doit en être à 20cm environ.

Ce que j’aime, c’est avoir son sexe intégralement dans ma bouche, faire des va-et-vient avec mes lèvres, et lui caresser les bourses en même temps. Ce traitement ne le laisse pas insensible. Je bouge un petit peu le reste de mon corps, et il me caresse le dos, les épaules, le haut des fesses. On arrête la fellation et je reviens l’embrasser – sur la bouche, pour la deuxième fois. C’est furtif : il me tend assez vite sa joue droite. Sacré caprice ; je sens que ça va m’agacer.

J’en ai un peu assez d’être sur le sol, et je monte sur son matelas en le poussant un peu. Il se décale pour me laisser m’installer, puis il monte sur moi. Je lui caresse le torse, les seins, je joue avec son nombril. Il est dressé au dessus de moi comme s’il m’avait vaincu. Il me caresse le cou. Ses mains me serrent un peu la gorge, mais sans violence. Il descend ses mains sur mon torse, et les plaque sur mes hanches. Il pince un peu mes tétons, et s’amuse à les tirer un peu, sans aucune douleur. Je sens ses ongles sur ma peau. Ses deux jambes bloquent mon bassin, mes mains caressent ses biceps, les siennes parcourent mes flancs.

Il se relève et ôte mon caleçon. Mon sexe en érection vient taper contre mon ventre quand il baisse le caleçon. Il le retire complètement, et se glisse derrière moi. J’ai un scrupule soudain, auquel je n’ai même pas pensé depuis le début de nos jeux. Je chuchote : « A***… Tu es safe ? » Pas de réponse, il frotte sa tête contre mon cou. Je n’ai pas dû parler assez fort. Je choisis de poser une autre question, et d’oser la poser un peu plus fort… « A***… C’est la première fois que tu couches avec un garçon ? » Il me glisse à l’oreille : « Oui… Je n’ai couché qu’avec des filles ».

J’ai confiance. Je ne devrais pas. Mais tout en lui m’inspire confiance : sa voix, sa tendresse, sa gentillesse, son sourire… Il rapproche sa verge de mes fesses. On n’avait pas de lubrifiant, ni lui ni moi, mais il devait mouiller beaucoup : il a réussi à me pénétrer malgré tout. Faute de gel, j’ai eu mal assez vite, alors il s’est retiré. Je me suis tourné vers lui, et je l’ai embrassé sur la bouche. Cette fois, il s’est laissé faire.

Ensuite, on s’est masturbés l’un l’autre. J’ai suçoté un peu sa queue, avant de reprendre ma fellation pour de bon durant quelques instants. Après un baiser, on en revient aux caresses mutuelles et à la masturbation réciproque. On bandait tous les deux comme des damnés. On était serrés sur le matelas. Je sens sa sueur ; j’adore ça. Sa respiration s’accélère, il gémit de plus en plus fort, mais tout en restant le plus discret possible pour ne réveiller personne.

Il a joui un peu avant moi, et moi un peu après lui. J’ai tenté le diable jusqu’au bout : j’ai goûté un peu de son sperme. Je sais que je n’aurais pas dû, mais c’était irrésistible. Après s’être essuyés, on est restés dans les bras l’un de l’autre. J’ai mis ma tête contre son épaule. Puis j’ai regagné mon matelas, et on s’est endormis.

Je me suis réveillé trois heures plus tard. Le jour commençait à se lever ; je l’ai regardé dormir. Cinq minutes, dix minutes, trente minutes, une heure. Je pense que c’est là que je suis tombé amoureux – ou bien peut-être l’étais-je déjà avant…

Quand il s’est réveillé, mauvaise surprise : il était froid, distant, dur, comme si rien ne s’était passé. Il m’a juste dit : « Tu n’en parles à personne, n’est-ce pas ? ». A la réflexion, A*** avait sans doute un peu de mal à se dire qu’à trente ans, il avait vécu sa première relation homosexuelle. Ca fait se poser quelques questions, ce genre de jeu et d’amourette…

On a rangé les matelas. J’ai profité de notre isolement pour lui donner un dernier baiser, en guise d’adieu. Il l’a accepté du bout des lèvres – c’est le cas de le dire. L’histoire m’apprendrait que je le reverrais bientôt, et que je n’étais pas au bout de mes surprises…

jeudi 6 septembre 2012

A vendre !



Il y a plus d'un an, un amant du moment, à qui je m'ouvrais de mes difficultés financières, me proposa de vendre mes culottes portées. Il savait où trouver preneurs, il s'occupait de tout.

Je ne manquai pas de m'esbaudir. Comment ça ? Des hommes étaient prêts à payer pour ce que je jetais négligemment dans le panier à linge en espérant que personne ne tombe dessus ? Enfin, que je ne jetais déjà plus beaucoup négligemment, puisque je portais déjà rarement des culottes.

Je me souvenais parfaitement que, vivant en couple, dans une vie pas si ancienne mais révolue à jamais (oh ! petit jésus qui n'existez pas ! Faites que plus jamais je ne dise "oui" ), vivant en couple donc, et faisant panier à linge sale commun (haut le coeur, haut les coeurs !), je cachais consciencieusement et l'air de rien ma petite culotte quotidienne sous les vêtements du dessus du panier. Et d'ailleurs, je peux bien le dire, si je m'occupais de charger la machine, c'était pour éviter que mon homme ne se retrouve nez à nez avec le fond d'une de mes culottes, dont je n'étais pas toujours fière.

Oui, m'affirma K., ca ne manquait pas de mecs prêts à acheter tout et n'importe quoi pourvu que ca sente la femelle.

Mais je ne validais pas le projet. Officiellement parce que je trouvais cela véritablement étrange, pour ne pas dire perturbant. Officieusement je soupçonnais K. de vouloir ponctionner un bénéfice sur mes culottes. 

Mais le ver était dans le fruit, la graine semée, l'idée dans ma culotte

Depuis, j'ai réfléchi à ce que cela me faisait d'imaginer des inconnus s'astiquant dans mes culottes (car peuvent-ils en faire sinon se branler dessus ?). J'ai imaginé plusieurs profils, du collectionneur raffiné au gros porc. Et petit à petit, ma foi... Tout cela était loin de me déplaire.

Je suis allé voir quelques sites, j'ai consulté des fiches de filles qui vendaient leur culottes, leurs bas, le contenu de leur poubelle de salle de bain, des coffrets champagne-sucette-intime-culotte, ou même leurs vieux sex toys. 

J'ai  navigué sur des forums ou ces messieurs disaient tout leur amour pour toutes ces choses normalement cachées, sales, et même considérées comme répugnantes. Alors que l'on préfère croire que les filles chient des pétales de roses, ne pètent pas au lit et ont des règles bleues, ces hommes veulent la preuve du contraire, là, pour eux, tout contre eux, rien que pour eux. L'intimité absolue d'une fille, ce qu'elle ne montre normalement jamais, ô grand jamais ! 

Depuis deux ou trois mois, je pense me lancer. Et puis toujours quelque chose me retient. J'oublie, et ca revient.

Et me voilà en piste sur "vends ta culotte" ! Je n'ai encore vendu aucune culotte. Mais j'ai discuté avec quelques étranges personnages. Je vous raconterai bien sûr les bizarreries les plus croustillantes, mais pour l'instant donc, rien que des demandes que je qualifierais de... particulières.
Mais je me demande si, pour la majorité des bonshommes du site, la culotte ne serait pas un prétexte. Ne convoiteraient-ils pas, en fait, de se faire le cul de la crémière, avec la crème, pour le prix de l'emballage ?