mercredi 18 juillet 2012

Partir, c'est mourir un peu (1)

Je suis comme les chiens qui s'attachent aux gens, et se laissent mourir sur une tombe, pas comme un chat qui miaule de désespoir quand on le change de maison.

Je suis sur le départ, plus tout à fait ici, pas encore là-bas. Je quitte Orléans pour Paris.

Deux lieux me manqueront ici. Un café littéraire dont le patron fait presque tout le sel, et un sauna. Mais des lieux il y en a tant que le manque se comblera vite.
G., en revanche, me manquera. Il me manque déjà. J'ai les yeux qui piquent et des larmes qui coulent, jusque dans ses bras.

Je quitte un homme en couple, un homme qui, tous les jours, et depuis longtemps, fait le choix de perdre ses maîtresses les unes après les autres, plutôt que de perdre sa femme, sa maison, sa vie à l'apparence si lisse. Quelque part en moi il y a peut-être cette colère et ce mépris souverain que m'inspirent habituellement la lâcheté des hommes. Mais pour l'instant, il y a surtout la tristesse. Car G. n'est pas un homme, un parmi les autres, il est G. Et le quitter me fait mal.

Mais à tout prendre, je me demande qui quitte qui. G. m'a toujours quitté. Et quitté en vitesse la plupart du temps, pressé par l'heure qui tourne, par la trouille de se faire prendre. Aujourd'hui, c'est encore lui qui me quitte, en ne s'autorisant pas à vivre selon ses désirs. Ou ce qu'il dit être ses désirs.

Avec les hommes en couple, il y a toujours un soupçon dans l'air. S'il est si bien avec moi, pourquoi détale-t-il au sifflet vers son panier et sa gamelle quotidienne ? C'est peut-être encore et toujours l'histoire du chien et du loup. G. préfère l'attache et la marque pelée du collier, à la liberté famélique du loup. Mais ne serait-ce pas aussi mon incomplétude qui serait en cause ? Peut-être ne serais-je tout simplement pas si désirable que cela ? Peut-être ne serais-je, tout simplement, pas à la hauteur ? 

En vrai, jamais je ne serai la femme de G. Pas plus que je n'aurais voulu être celle de E., ni de A. dont j'ai parfois eu l'intuition qu'il cherchait la remplaçante de sa deuxième femme. Un clou chasse l'autre. 
Jamais je n'offrirai à G. cette doucereuse vie de couple, entre projet maison et fêtes de noël en famille. J'étouffe littéralement à chaque évocation de cet enfer. Or, pour G., n'est-ce pas l'essentiel ? Une compagne qui lui dit quoi faire, et quand, et où, pour faire reculer le monstre qu'il croit être en lui. G. circonscrit son monstre, son lui-même, grâce aux barrières du couple. Barrières que je ne lui poserai jamais, sauf à dépérir moi-même.

J'ai murmuré à l'oreille de G. : "à un moment, il faut arrêter de vivre la vie d'un autre"". Plus tard, remis de sa surprise et de son trouble, il m'a demandé comment je savais. Comment je savais qu'il vivait la vie du compagnon de sa femme, qu'il tentait désespérément de se couler dans ses désirs à elle, au mépris des siens. Comment pouvais-je savoir que vivre une double vie c'était se condamner à n'en vivre aucune, et se condamner à la solitude de l'insincérité ?

Je rêve parfois (immodeste je suis) d'être celle qui aura fait déclic, celle après qui G. décidera de vivre sa vie, et d'affronter cet autre qui lui fait si peur : lui-même.
Je connais ce vertige, cette peur du vide, et cette terreur de lâcher ce qu'on connait si bien et nous rassure, tout en nous tuant un peu tous les jours.
J'aimerais être ce déclic, cette rencontre qui change la vie (quand je vous dit que je manque de modestie). Mais combien de séparations, combien de renoncements, seront encore nécessaires à G. ? Je n'en sais rien. Et je crains parfois, quand la confiance me manque, qu'il ne bougera jamais, qu'il mourra dans la peau d'un autre, dans la peau du bon fils et du bon mari.



Je suis sur le départ, plus tout à fait ici, pas encore là-bas. Dans cet entre-deux, il me reste à apprendre à finir.
C'est d'ailleurs un peu mon message à G., qui vit la vie d'un autre, et peut-être aussi à A., qui lui vit son personnage : il faut apprendre à finir. Parce que martyr, c'est pourrir un peu (2).


(1) Edmond Hauraucourt 
(2) Jacques Prévert

samedi 7 juillet 2012

Mon cul sur la photo

Certains m'ont fait remarquer, avec raison, que je ne postais plus sur mon blog.

C'est que je suis méga occupée. Je me suis remise à l'écriture d'un roman, je ne peux pas être partout.

Mais je pense à vous ! Pour vous faire patienter, j'ai demandé à un amant, un nouveau, de me prendre en photo. Il adore les bas. Que dis-je ? Il est dingue de bas ! Il me les enfile, me baise avec évidemment, et me les enlève. J'adore le concept ! Moi, je déteste devoir enfiler des bas. Neuf fois sur dix je galère de façon absolument pas glamour, vrombissant rapidement de colère, des perles d'agacements moirant mon front altier. 


jeudi 7 juin 2012

Une virée à la plage des culs nus

Samedi 26 mai (oui, j'ai du retard de publication !), à 9h45, je retrouve F., un inconnu, en haut du quai numéro 16 de la gare du Nord. Dans la foule qui prend d’assaut le train pour Calais, nous faisons moins que sommairement connaissance avant de nous hâter vers la queue du train, en espérant ne pas nous retrouver debout jusque Rang du Flier, d'où nous prendront la navette pour nous rendre à Berck sur mer.

Il est assez conforme à sa fiche et à ses photos. Mais il parait encore plus jeune en vrai. Il a 30 ans, il est de ma taille, il est très mince. Nous n'avons échangé que quelques mails, discuté une paire de fois sur le chat et parlé deux fois au téléphone. Mais à chaque échange cet homme m'a donné confiance. A aucun moment, même minime, un seul feu rouge n'a clignoté dans ma tête. Alors, lorsque répondant à ma demande ainsi libellée "j'ai envie qu'on m'emmène à la mer. J'ai pas dit "en bateau", j'ai dit à la mer" que j'avais lancée sur ma fiche, sans trop y croire mais sait-on jamais, il me parla d'une plage naturiste à Berck, je sautais sur l'occasion. Passer une journée à la mer, avec un mec sympa, sur une plage naturiste de surcroît, c'était juste ce dont j'avais terriblement envie !

Bien sur, il ne m'échappait pas que faire le trajet, en train, Orléans-Berck et retour dans la journée représentait un périple assez monstrueux. Il ne m'échappait pas non plus que partir à l'aventure avec un inconnu rencontré sur un site libertin était potentiellement source d'embrouille. Mais pour le périple j'avais de quoi lire, de la musique, le monde autour de moi et un homme à découvrir. Plus donc qu'il n'en faut pour meubler une journée. Pour l'inconnu, s'il s'avérait désagréable, je saurais bien l'éconduire pour passer la journée seule.
De toute façon, renoncer à aller voir la mer en ce premier beau week-end de la saison était tout simplement in-envisageable ! Une envie aussi puissante, il faut aller jusqu'au bout !

Malheureusement, le train était bondé et nous avons commencé notre voyage debout, au bout d'un wagon. Mais pour autant, j'appréciais d'être là, au milieu de tout ces gens, les observant, les écoutants. Un blondinet un peu minet, très bavard, est le point de mire du petit groupe coincé sur la plateforme, entre porte coulissante et porte des toilettes. Le blondinet est serviable, et vraisemblablement trop heureux d'être le centre des attentions et des acclamations. Aussi, face à quelques femmes angoissées en découvrant que les toilettes sont fermées, il va s'escrimer sur le verrou. Sans succès, jusqu'à ce que mon compagnon de voyage ne lui tende un ouvre bouteille multifonctions, avant de s'effacer trop modestement devant les effets de manches du blondinet.

Après le train, nous devons attendre la navette. F. est étonnant d'organisation, et cela se vérifiera tout au long de la journée. Il s'informe de l'heure de passage du bus. Une fois assis dans la navette il fera de même pour les heures de retour. Plus tard, sur la plage, il mettra son téléphone à sonner pour que l'on ne rate pas l'heure. Il prend les choses en charge, et j'adore ca. Je n'ai rien d'autre à faire qu'à me détendre, sans penser à la suite, sans m'angoisser sur les détails qui habituellement me hante : l'heure, ne pas être en retard, ne pas rater.

Nous déjeunons d'un sandwich sur le front de mer, au soleil. En homme prévoyant, il a amené de la crème solaire et nous nous tartinons.




Et puis nous attaquons la marche vers la plage des culs nus.

Le temps, avec F., passe comme une vague de coton. C'est doux, c'est tranquille, c'est calme. Je ne sais même plus de quoi nous discutons, mais je ne m'ennuie pas. Je me souviens seulement de cette sérénité totale qui m'envahissait.

Nous trouvons la plage assez facilement. Je craignais qu'elle ne soit plus éloignée, plus retirée. J'ai un moment d'hésitation avant de choisir un endroit pour nous installer et nous déshabiller. Je me sens un peu comme une intruse. Nous nous tartinons à nouveau de crème solaire, et il me propose de m'en passer dans le dos. Je m’étends sur le ventre, comme pour un long massage. Après avoir soigneusement passé ses mains sur tout mon dos, il continua sur mes fesses. J'ai songé un instant que ca n'était pas rendu indispensable par la situation, j'aurai pu procéder à l'opération moi-même. Mais c'était agréable et puis... même si ses gestes se voulaient utilitaires, techniques, et que d'aucune façon je n'aurais pu y sentir une caresse érotique, c'est à cet instant là que j'ai su que je ne lui étais certainement pas indifférente. Je n'ai pas manqué de lui rendre la pareille quelques instant plus tard, en manière de taquinerie.

Il faisait très chaud, surtout après la marche sous le soleil pour accéder à la plage. Je considérais la distance qui me séparait de l'eau, et ressentais une appréhension certaine. Pour aller goûter l'eau, il me faudrait me lever, lever mes plus de 100 kg, et surtout marcher nue, jusque là-bas, mes seins et mon ventre en avant, tombants un peu, tressautants. Et puis, avancer mes jambes tremblotantes de graisse dans le mouvement, supposais-je. Mais nue, sans artifices, c'est toujours mieux que de marcher sur la plage avec un maillot grande taille, une de ces orthèses crées spécialement pour les grosses qui, avec leur coupe mémé et bien couvrante, leurs renforts et minimiseurs tapissée derrière une matière bien épaisse, vous donne un aspect de baleine encore plus surement que vos adiposités.  A un moment, j'avoue à F. qu'il est possible que j'aille jusqu'à l'eau enveloppée de mon paréo. Ce détail semble stupide sur une plage où tout le monde est à poil. D'autant que mon paréo, au bord de l'eau, que vais-je en faire ?
Alors je me lance. Je déclare que je vais me baigner et j'y vais. Au fond, je m'en moque de mes bourrelets, de leur tressautements, et de mes ondulations de chairs.

L'eau est moins froide que prévue, et je fini par m'y glisser toute entière. Je sens ma peau se tendre de froid, le liquide passer et repasser partout sur moi, jusque dans les moindres recoins. Lorsque je fais quelques mouvements de brasse, mon sexe s'ouvre et l'eau fraîche taquine ma vulve et mes lèvres. Je frissonne, autant de froid que de plaisir. Depuis combien de temps ne me suis-je pas baigner ? Une éternité. Et nue, à part dans un jacuzzi, encore plus ! Et sans ressentir une immense honte de moi-même, sans ne penser qu'à ce moment où il faudra sortir de l'eau et se montrer au monde dégoulinante autant d'eau que de graisse, pour traverser la plage, ou arpenter les abords d'une piscine ? Jamais. Ou alors il faut remonter à l'enfance, et même à la petite enfance, avant huit ans, avant d'attraper la honte d'être moi. C'est, en quelque sorte, ma première baignade.

A quelques mètres de moi, un homme se baigne aussi. Je croise son regard qui me détaille, et il me sourit. Je lui rend son sourire, tout en barbotant avec bonheur. Nous nous regardons régulièrement. Je lui plait, je crois. Il m'observe avec de la joie dans le regard. Il est comme beaucoup d'hommes, je suppose, et il aime me regarder prendre du plaisir. C'est beau une femme qui prend du plaisir, toutes les femmes devraient en avoir conscience. Une femme qui jouit, sans arrière pensées, sans retenue, avec une bonne glace, une bonne baignade ou une bonne baise, c'est beau et c'est excitant.

Lorsque je me rallonge sur la plage, le monsieur vient s'installer non loin. Il est tourné vers nous, et nous regarde certainement derrière ses lunettes de soleil. Son corps est musclé et bronzé. Quelques tatouages ornent sa peau sur ses bras et son torse. Il me plait. Je ne sais comment le lui signifier. Et puis il y a F. à coté de moi, comment prendrait-il cela ?

Dans les dunes, un nombre affolants d'hommes, pour la plupart habillés, eux, vont et viennent. Je n’apercevrai que deux femmes. Parfois, un attroupement se fait, attirants les messieurs éloignés, qui se précipitent alors. Des choses à caractère sexuel se passent là-bas, sous les regards inquisiteurs de voyeurs en nombre. Allongée sur le ventre, au coté de F., j'observe leur manège. Je dis : "si ça n'était pas si près de la plage et des enfants, j'irais bien voir ce qui se passe dans les dunes. Mais pas toute seule". Sur la plage, rafraîchie par le bain de mer, laissant mon corps jouir du présent et de ses petits bonheurs, j'aurais bien posé ma tête sur l'épaule de F. Je l'aurais bien laissé doucement caresser mes épaules et mon visage, y déposer quelques baisers. J'aurais bien tenté une petite escapades dans les dunes avec lui, pour voir si mon désir de tendresse et d'abandon pouvait se muer en désir sexuel. Sans compter qu'exciter les voyeurs me faisait assez envie.

Nous ratons finalement le dernier direct pour Paris. Nous avons sous estimé le temps nécessaire au retour à la gare routière et puis, surtout, nous n’avions pas envie de partir. Un nouveau périple nous ramène à Paris, via Boulogne et Lille. Mais nous sommes heureux de passer du temps ensemble. Qu'importe les vicissitudes du trajet, le sable collé dans nos cheveux, le sel mordant nos peaux, la faim qui commence à nous tenailler, nous goûtons la joie simple d'être en vie, l'un à coté de l'autre.

mercredi 6 juin 2012

Texte d'invité 2 : Fin de partie

Vous aimez me lire ? J'adore vous lire aussi ! 
J'ouvre mon blog une nouvelle fois au texte d'un invité. Un grand merci à lui.
Quand un garçon plutôt sage laisse la joie et le plaisir prendre la barre, c'est forcement intéressant. Et le télescopage avec les érections élections est un détail des plus savoureux. Jugez-en plutôt...


Fin de partie

Commençons par la fin. 

De toute façon, ça se sera passé comme ça pendant un mois. Dès le début, nous savions quand nous allions arrêter. A part ce premier café, pas vraiment de rendez-vous. Un dîner dehors, la semaine dernière. Première sortie en boite de nuit hier soir. Départ, J-2. 

Non vraiment, nous avons tout fait à l’envers. Enfin tout... pour certaines choses, l’envers, l’endroit, le côté, tout faisait foi. Nous nous sommes bien amusés, on ne peut le nier. C’était plaisant, cette affection réciproque qui muaient nos caresses et nos étreintes pendant lesquels l’érotisme faisait bien souvent place à des sensations et des envies nettement moins sublimables. Mais que ce qu’elles étaient bonnes, nos parties de jambes en l’air ! 

Bref, revenons-en à la fin. Hier soir, le restaurant, les clubs, les fumigènes, la lumière des stroboscopes, ce mec-ci qui se frotte à lui, celui-là qui me palpe le cul. Qu’ils essaient, de toutes façons ils ne l’auront ni lui, ni moi. Depuis que nous avons quitté son appart, nous n’aspirons qu’à y retourner. 

Sauf qu’arrivé en bas, l’épiphanie moche : je n’ai pas amené les préservatifs, et lui n’en a pas racheté comme il part dans quelques jours. Et ne nous voilà pas confrontés à l’absurde réalité : quinze minutes pour trouver un distributeur de capotes en plein quartier gay... deux euros les trois, il va falloir savourer... 

On repart vers chez lui, en passant par cette petite rue ou des affichages pour les législatives sont en place. Je suis attiré par la barbie grandeur nature sur fond rose, candidate du Parti du Plaisir. Je ne peux m’empêcher de la prendre en photo alors que lui s’adosse au mur de l’autre côté. Une fois le cliché dans le téléphone, il me tire vers lui. Nous nous embrassons. Avec ardeur. Dans son dos, le mur d’une école. 

Dans le mien, les grand panneaux de métal pour les affichages électoraux. Nos langues se cherchent et se trouvent sans mal. Mes mains trouvent son corps et réciproquement. A 400 mètres à ma droite, une rue perpendiculaire. Même chose à gauche, si ce n’est qu’un camion garé nous protège un peu. 

Mes mains lui caressent déjà les fesses. Avec insistance. Des caresses de plus en plus ciblées qui lui arrachent des gémissements. Sans doute pour se défendre, il enlève ses mains qui caressaient mon torse sous mon t-shirt et les glisse plus bas. La masturbation commence. Il regarde à gauche, puis à droite, et sans avoir le temps de comprendre (les méfaits de la bière), je me retrouve le sexe à l’air. Il se met à genoux et entreprend une fellation. Moi qui suis plutôt classique dans mes pratiques, cet accès d’exhibitionnisme m’excite encore plus. Et merde, un mec vient. Je me rhabille très vite, mais le type doit avoir compris et fait comme s’il n’avait rien vu. Nous sommes encore en lisère du quartier gay après tout... Et mon compagnon de jeux recommence. 

Au bout de quelques minutes entre plaisir et anxiété, je le relève, et le plaque littéralement la tête entre les seins de la Barbie électorale. Je me baisse en même temps que je découvre son cul. Il est temps pour moi de lui arracher quelques gémissements de plus en lui excitant l’anus de ma langue. Lui n’y tient plus, et me demande dans son anglais « Are we gonna stop there ? » 

Je le regarde d’abord médusé, mais l’excitation prend le dessus : je sors les trois capotes de mon baise-en-ville (qui n’aura jamais aussi bien porté son nom) et en enfile une. Pas de gel, il va falloir y aller à l’ancienne (je me refuse à vous l’expliquer.) Et il va aussi falloir y aller doucement, pour ne pas lui faire mal. 

Il est environ quatre heures du matin, nous sommes à Paris, il est tout entier aplati contre une affiche électorale bidon quand je le pénètre. La situation est particulière, entre la peur et l’excitation. Finalement, nous nous abandons à la dernière, tant est si bien qu’en quelques minutes tout est fini pour nous deux. 

Maladroit, je me retire avant d’aller disposer du préservatif dans une poubelle publique sous son regard hilare. A moitié débraillés, grisés autant par nos boissons de la soirée que notre expérience de l’instant, nous repartons vers son appart...

jeudi 24 mai 2012

Dormir avec


Jeudi de l'ascension, j'ai reçu la part mâle d'un couple avec qui j'ai couché il y a presque un an. La dame partant quelques jours en famille, elle prêtait son mari à qui en voulait durant son absence. Elle m'avait précisé au téléphone que tout était permis, sauf « dormir avec », chose de toute façon in-envisageable pour moi.
En effet, je suis incapable de dormir avec un plan Q. Je me suis retrouvée coincée quelques fois, et je passe alors des nuits affreuses. L'angoisse est telle que ça me ballonne terriblement si bien qu'à chaque fois que je sombre dans les bras de Morphée je suis réveillée par le bruit de mes flatulences (glamour, n'est-il pas ?). Quand, terrassée par la fatigue, les yeux sortant de la tête, la migraine affleurant sous mes sourcils, le cerveau retourné, je fini par dormir par paquet de dix ou quinze minutes, il n'est pas rare que le jour perce déjà.
Donc, le jeudi de l'ascension, j'avais préparé le petit lit dans le bureau. Je comptais m'y réfugier en tant que de besoin.

Mais lorsqu'il s'est agit de fermer la lumière, le monsieur a exigé que je tente de dormir avec lui, contrevenant aux consignes de madame et à ce qui avait été convenu. Lui rappelant ses engagements, il prétendit avoir arraché le droit de dormir avec moi avant le départ de sa femme. J'ai eu beau lui dire que je n'allais pas fermer l'œil, il s'installa dans mon dos, m'enferma dans ses deux bras, et me demanda d'essayer. Je n'avais alors plus la force de me battre contre cet énergumène qui avait passer la soirée et une partie de la nuit à m'assaillir de ses désirs et autres fantaisies (au nombre desquelles il avait évoqué la possibilité de baiser sans capote !) et j'avais, de surcroit, un débat en cours avec moi-même que je voulais poursuivre.

Alors, allongée dans le lit, le monsieur collé sur le dos, ligotée dans ses deux bras, je me mis à tourner et retourner dans ma tête le dilemme qui m'habitait depuis la veille. J'étais encore sous le coup de l'accusation d'égoïsme de G. Alors qu'il me semblait que c'était lui qui avait fait preuve d'une égocentrisme choquant, il me reprochait de ne pas prendre en considération ses petits problèmes d'intendance d'homme en couple aux trop rares moments de liberté. Quoiqu'il en soit de la réalité des égoïsmes comparés, l'épisode qui nous avait conduit a notre première discorde m'invitait plus que fermement à voir notre relation sous un jour nouveau.

J'avais cru que notre relation était un peu plus qu'un plan Q qui se décommande comme on décide de ne finalement pas aller au cinéma pour préférer un pot en ville. Visiblement, pour G., il en allait tout autrement. Je me torturais donc pour décider d'une attitude à adopter, partagée entre mon envie de rompre, blessée que j'étais au plus profond de moi, et mon envie de lui, de le voir encore, aussi souvent que possible. Je considérai, dépitée, qu'aucune fois je ne lui avais fait faux bond, que j'avais toujours été présente pour lui, même quand ses disponibilités ne m'arrangeaient pas, même quand ses créneaux nous comptaient chichement les minutes. Encore une fois, j'avais l'impression d'avoir donné sans mégoté, et que le retour était décevant. Comment donner avec parcimonie, comment, en quelque sorte, m'économiser pour éviter, inlassablement, de me consumer dans le dépit et l'aigreur ? Comment, désormais, limiter mon investissement quand je faisais tout cela sans y penser, parce que je suis ainsi. Comment être soi (car c'est important d'être soi, d'être naturelle, sans calcul) sans trop donner de soi ?

N'arrivant que médiocrement à arrêter la voie à suivre, et sentant bien que ce n'était pas à 3h00 du matin cette nuit là que j'y arriverais, je me dégageai doucement de l'étreinte du monsieur que j'avais en garde et filai m'installer dans le bureau où je pu m'assoupir confortablement durant... pas longtemps. Car, dès 6h00, je senti une main caresser mon dos. J'ouvrai les yeux et la première chose que je vis était le sexe dressé du monsieur priape. Je le renvoyai à son lit, et replongeai d'heureux chef dans le sommeil.



Le lendemain, une conversation sur le net avec G. mis fin à mes tortures psychologiques. Toute réflexion faite, avec le recul, il endossait tous les torts. Non, je n'étais pas égoïste. Oui, il avait poussé le bouchon et avait oublié de trier l'essentiel du plus accessoire.
Je me félicitais d'avoir été capable d'exposé mon point de vue fermement mais sans esclandre, sans accusation. Et de lui avoir laissé le temps de la réflexion.

Cependant, un peu d'amertume me restait au fond du cœur. Je me serais bien passé de vivre cet épisode de remise en question de moi, et de nous. Amertume qui fut dissoute en une soirée et une nuit.

Samedi, profitant d'un gros mensonge, G. vint me rejoindre pour passer la soirée avec moi et quelques amis. Et après avoir roucoulés comme pigeons en amour au restaurant, puis au sauna, G. est venu passer la nuit chez moi.
Averti qu'il était de ma phobie du « dormir avec », il me demanda s'il devait sortir son duvet de la voiture. Inutile, la maison fourni le linge de lit, et puis j'avais mon idée. Lorsque je lui indiquai qu'il pouvait s'installer dans mon lit pour la nuit, je lui demandai : « je peux dormir avec toi ? »

Cette nuit là, c'est G. qui a pris un peu la poudre d'escampette. Je m'endormais dans ses bras, la tête sur son épaule, mais il me fit glisser pour s'enrouler en chien de fusil. J'ai dormi tranquillement et profondément à coté de lui.

lundi 21 mai 2012

Scènes de la vie ordinaire : scènes 2 à 7


Scène 2 : Au sauna, je me montre ce soir là plus entreprenante que d'habitude. Souvent, je laisse venir les mâles à moi, et je sélectionne sur le plumage et le ramage, mais je suis rarement offensive, reste de mes puissants complexes quant à mon poids.
Ce soir là, je me sens extrêmement bien, et je décide immédiatement de ne pas laisser passer le jeune homme que je repère à mon arrivée dans le jacuzzi, assis à coté de moi. Moins de 30 ans, une visage lisse et aux traits raffinés, les cheveux un peu longs. Il me dévore des yeux, comme tous les autres hommes présents alors dans le jacuzzi. Je lui souris, trop timidement à mon goût. J'aimerais avoir plus de culot. Mais qu'importe, les travaux d'approche sont lancés. Ne croyant pas trop en l'aubaine, mon objectif me répond d'un pale sourire hésitant.
Je passe sur les échanges de sourires, l'échappée vers les douches, le sauna où nous nous sommes entassés avec les autres hommes qui nous avaient suivis à la trace, le verre au bar où, enfin, mon objectif tente une approche physique, du bout du pied sur le mien.
Nous nous isolons dans une cabine et ce garçon va littéralement plonger sur moi et me manger l'entre-jambe et l'entre-fesses, tout en grognant et couinant de plaisir. D'ailleurs, il s'exprime beaucoup, accueillant toutes mes caresses par des cris d'extase. Il donne l'impression de vivre un moment d'exception. Il est empressé, trop même, et je dois à plusieurs reprises lui demander de doser son ardeur : j'ai besoin de sentir les choses se développer progressivement. Dans le même temps, la fougue de ce garçon beau comme tout flatte mon égo. Il me murmure : « désolé, vraiment désolé, mais ca fait si longtemps ! » avant de replonger se tête entre mes cuisses. Lorsque, repus tous les deux, nous échangeons quelques mots sur qui nous sommes je lui demande : « et... Ca fait combien de temps alors ? » Il bredouille vaguement quelques mots incompréhensibles, puis dit : « non, mais c'est pas ca que j'ai voulu dire... Je sais plus ce que j'ai voulu dire ».

Scène 3 : rendez-vous au sauna parisien avec une petite bande de connaissances. Je retrouve A., croisé plusieurs mois auparavant dans un autre sauna. Je me souvenait d'un rapport un peu brusque, durant lequel nous n'étions pas très synchrone. Mais ce jour-là, tout se passe à merveille, et nous nous câlinons durant de longues heures. Je ne me souvenais plus que sa queue était si petite. Et lorsque je lui demande de mettre un préservatif pour me sodomiser après un annulingus très excitant, il me glisse à l'oreille : « non, c'est pas ce que je voulais faire, tu n'es pas assez préparée ». Je ris et lui fais : « tu crois ? » Il se trompait, et il s'en est rapidement rendu compte.




Scène 4 : Un autre soir au sauna près de chez moi. Un homme très méditerranéen, au nez busqué, à la peau foncé et au yeux de braise veloutés de longs cils, m'aborde dans les douches. C'est la première fois qu'il vient ici, les lieux sont sympa, n'est-il pas ? Après une approche plus physique dans le jacuzzi, nous tentons de trouver une cabine, mais l'heure est à l'affluence, pas un coin de disponible. Alors je prends la main de l'homme et je l'emmène dans le salon marocain, ouvert à tous les regards. Ce qu'il veut avant tout, cet homme, c'est me lécher. Il s'agenouille devant le canapé, à mes pieds. J'écarte largement les jambes, un pied sur le canapé, l'autre sur la table basse et offre ma chatte à sa langue gourmande.
Il y a beaucoup d'hommes seuls ce soir-là au sauna et notre petite exhibition suscite des convoitises. Je vais repousser plusieurs mains, plusieurs queues, jusqu'au moment où j'ai envie de profiter de la bouche de l'homme. Alors je laisse venir un tout jeune homme, déjà vu plusieurs fois au sauna, et qui régulièrement me dévore des yeux, me suis dès qu'il peut en tentant de me frôler. Il me caresse les seins, timidement au début, puis plus franchement. Il m'embrasse et j'entends son souffle précipité. D'autre hommes se pressent pour profiter du spectacle. Le jeune garçon fait écran de son corps, s'arrange pour décourager les plus téméraires d'un geste, ou d'un regard assassin. Mais au bout de quelques minutes mon méditerranéen se lasse de tant de regards, tant de mains et de sexes dressés, et il m'entraine vers une cabine enfin disponible.

Scène 5, 6 et 7 : G. G. au sauna, G. chez moi, G. au cinéma... Je vois beaucoup G. en ce moment. On a même réussi à avoir notre première querelle de... heu... Notre première différent quoi.

lundi 7 mai 2012

Ma Folcoche


Je n'ai pas vu ma mère, ni aucun membre de ma famille, depuis bien longtemps. Presque deux ans pour elle, plus longtemps encore pour mon père et ma sœur. Les autres, je ne les vois même plus à tous les enterrements. On meurt peu de toute façon. Et en petit comité assez souvent. Quand aux mariages, je n'y suis plus invitée depuis plusieurs décennies.

J'en ai une honte secrète. Je porte en moi cette anormalité, cette monstruosité d'être un humain sans attache, sans petit monde protecteur. Une petite voix me dit tout au fond de moi que je dois être bien vilaine pour être ainsi punie, que je dois être bien intransigeante pour ne même pas supporter leurs appels téléphoniques, de plus en plus rares à mesure que je réponds de moins en moins. Pourtant, les monstres, c'est eux.

Et c'est surtout elle. Ma mère.




Nous avons, elle et moi, un échange épistolaire depuis plusieurs mois. L'échange s'étire péniblement puisqu'il lui faut des semaines, et même des mois, pour me répondre, le plus souvent à coté. Rien que d'écrire ca, j'ai envie de lui écraser la gueule sur son clavier.

Son dernier mail est, comme les autres finalement, un modèle du genre. Elle me dit qu'elle a toujours su que j'avais eu une enfance malheureuse, entre une mère rigide et un père psychologiquement incestueux. Ce sont ses mots. Et elle ajoute «tu essayais d'attirer mon attention par l'agression, je savais que tu recherchais de l'affection, mais que dire quand une gamine de 8 ans dit à sa mère: "je ne comprends pas que papa ai pu t'épouser moche comme tu es"».

Mon père était peut-être incestueux. Mais niveau relation incestueuse ma mère n'était pas en reste. Probable qu'ils se sont bien trouvés sur ce terrain. Ma mère, je sais qu'elle aime la sodomie depuis que j'ai 12 ou 13 ans. Je sais qu'un tel était « monté comme un âne ». Que mon père était un bon coup et qu'elle l'a menacé de se masturber s'il ne la baisait pas plus souvent. Que tel autre ne se décidait paresseusement qu'une fois tous les deux mois. Etc.. Elle trainait la motte à l'air dans la maison, a couché avec au moins un de mes copains lorsque j'étais ado, et se vente encore aujourd'hui de coucher avec des hommes de mon age, tout en faisant remarquer que je ne dois pas connaître l'extase avec ces jeunots mal dégrossis. Je me garde de lui dire que de 25 à 60 ans mes amants me donnent régulièrement satisfaction.

Tout cela n'est pas un détail, mais ca n'est pas nouveau pour moi. Non, la nouveauté, c'est d'apprendre qu'elle a toujours su que j'étais malheureuse et que, et bien, elle n'y a pas remédié. Mieux : encore aujourd'hui elle se demande ce qu'elle aurait bien pu faire. Une petite fille – sa fille - demandait de l'amour, de la tendresse, de l'attention et, ma foi, que vouliez-vous qu'elle y fasse ? La nouveauté, ca n'est pas que j'ai eu une enfance merdique, une adolescence similaire et mon age adulte en partie dévasté. Non. La nouveauté c'est que ma mère savait, et qu'elle m'a laissé au fond de mon trou, en toute connaissance de cause. Elle tente même de refermer le couvercle sur ma tête aujourd'hui, avec son mail froid, ses phrases nettes et sans appel, sans un mot de regret, sans un mot réparateur.

Maman, je te pisse à la raie !