jeudi 24 mai 2012

Dormir avec


Jeudi de l'ascension, j'ai reçu la part mâle d'un couple avec qui j'ai couché il y a presque un an. La dame partant quelques jours en famille, elle prêtait son mari à qui en voulait durant son absence. Elle m'avait précisé au téléphone que tout était permis, sauf « dormir avec », chose de toute façon in-envisageable pour moi.
En effet, je suis incapable de dormir avec un plan Q. Je me suis retrouvée coincée quelques fois, et je passe alors des nuits affreuses. L'angoisse est telle que ça me ballonne terriblement si bien qu'à chaque fois que je sombre dans les bras de Morphée je suis réveillée par le bruit de mes flatulences (glamour, n'est-il pas ?). Quand, terrassée par la fatigue, les yeux sortant de la tête, la migraine affleurant sous mes sourcils, le cerveau retourné, je fini par dormir par paquet de dix ou quinze minutes, il n'est pas rare que le jour perce déjà.
Donc, le jeudi de l'ascension, j'avais préparé le petit lit dans le bureau. Je comptais m'y réfugier en tant que de besoin.

Mais lorsqu'il s'est agit de fermer la lumière, le monsieur a exigé que je tente de dormir avec lui, contrevenant aux consignes de madame et à ce qui avait été convenu. Lui rappelant ses engagements, il prétendit avoir arraché le droit de dormir avec moi avant le départ de sa femme. J'ai eu beau lui dire que je n'allais pas fermer l'œil, il s'installa dans mon dos, m'enferma dans ses deux bras, et me demanda d'essayer. Je n'avais alors plus la force de me battre contre cet énergumène qui avait passer la soirée et une partie de la nuit à m'assaillir de ses désirs et autres fantaisies (au nombre desquelles il avait évoqué la possibilité de baiser sans capote !) et j'avais, de surcroit, un débat en cours avec moi-même que je voulais poursuivre.

Alors, allongée dans le lit, le monsieur collé sur le dos, ligotée dans ses deux bras, je me mis à tourner et retourner dans ma tête le dilemme qui m'habitait depuis la veille. J'étais encore sous le coup de l'accusation d'égoïsme de G. Alors qu'il me semblait que c'était lui qui avait fait preuve d'une égocentrisme choquant, il me reprochait de ne pas prendre en considération ses petits problèmes d'intendance d'homme en couple aux trop rares moments de liberté. Quoiqu'il en soit de la réalité des égoïsmes comparés, l'épisode qui nous avait conduit a notre première discorde m'invitait plus que fermement à voir notre relation sous un jour nouveau.

J'avais cru que notre relation était un peu plus qu'un plan Q qui se décommande comme on décide de ne finalement pas aller au cinéma pour préférer un pot en ville. Visiblement, pour G., il en allait tout autrement. Je me torturais donc pour décider d'une attitude à adopter, partagée entre mon envie de rompre, blessée que j'étais au plus profond de moi, et mon envie de lui, de le voir encore, aussi souvent que possible. Je considérai, dépitée, qu'aucune fois je ne lui avais fait faux bond, que j'avais toujours été présente pour lui, même quand ses disponibilités ne m'arrangeaient pas, même quand ses créneaux nous comptaient chichement les minutes. Encore une fois, j'avais l'impression d'avoir donné sans mégoté, et que le retour était décevant. Comment donner avec parcimonie, comment, en quelque sorte, m'économiser pour éviter, inlassablement, de me consumer dans le dépit et l'aigreur ? Comment, désormais, limiter mon investissement quand je faisais tout cela sans y penser, parce que je suis ainsi. Comment être soi (car c'est important d'être soi, d'être naturelle, sans calcul) sans trop donner de soi ?

N'arrivant que médiocrement à arrêter la voie à suivre, et sentant bien que ce n'était pas à 3h00 du matin cette nuit là que j'y arriverais, je me dégageai doucement de l'étreinte du monsieur que j'avais en garde et filai m'installer dans le bureau où je pu m'assoupir confortablement durant... pas longtemps. Car, dès 6h00, je senti une main caresser mon dos. J'ouvrai les yeux et la première chose que je vis était le sexe dressé du monsieur priape. Je le renvoyai à son lit, et replongeai d'heureux chef dans le sommeil.



Le lendemain, une conversation sur le net avec G. mis fin à mes tortures psychologiques. Toute réflexion faite, avec le recul, il endossait tous les torts. Non, je n'étais pas égoïste. Oui, il avait poussé le bouchon et avait oublié de trier l'essentiel du plus accessoire.
Je me félicitais d'avoir été capable d'exposé mon point de vue fermement mais sans esclandre, sans accusation. Et de lui avoir laissé le temps de la réflexion.

Cependant, un peu d'amertume me restait au fond du cœur. Je me serais bien passé de vivre cet épisode de remise en question de moi, et de nous. Amertume qui fut dissoute en une soirée et une nuit.

Samedi, profitant d'un gros mensonge, G. vint me rejoindre pour passer la soirée avec moi et quelques amis. Et après avoir roucoulés comme pigeons en amour au restaurant, puis au sauna, G. est venu passer la nuit chez moi.
Averti qu'il était de ma phobie du « dormir avec », il me demanda s'il devait sortir son duvet de la voiture. Inutile, la maison fourni le linge de lit, et puis j'avais mon idée. Lorsque je lui indiquai qu'il pouvait s'installer dans mon lit pour la nuit, je lui demandai : « je peux dormir avec toi ? »

Cette nuit là, c'est G. qui a pris un peu la poudre d'escampette. Je m'endormais dans ses bras, la tête sur son épaule, mais il me fit glisser pour s'enrouler en chien de fusil. J'ai dormi tranquillement et profondément à coté de lui.

lundi 21 mai 2012

Scènes de la vie ordinaire : scènes 2 à 7


Scène 2 : Au sauna, je me montre ce soir là plus entreprenante que d'habitude. Souvent, je laisse venir les mâles à moi, et je sélectionne sur le plumage et le ramage, mais je suis rarement offensive, reste de mes puissants complexes quant à mon poids.
Ce soir là, je me sens extrêmement bien, et je décide immédiatement de ne pas laisser passer le jeune homme que je repère à mon arrivée dans le jacuzzi, assis à coté de moi. Moins de 30 ans, une visage lisse et aux traits raffinés, les cheveux un peu longs. Il me dévore des yeux, comme tous les autres hommes présents alors dans le jacuzzi. Je lui souris, trop timidement à mon goût. J'aimerais avoir plus de culot. Mais qu'importe, les travaux d'approche sont lancés. Ne croyant pas trop en l'aubaine, mon objectif me répond d'un pale sourire hésitant.
Je passe sur les échanges de sourires, l'échappée vers les douches, le sauna où nous nous sommes entassés avec les autres hommes qui nous avaient suivis à la trace, le verre au bar où, enfin, mon objectif tente une approche physique, du bout du pied sur le mien.
Nous nous isolons dans une cabine et ce garçon va littéralement plonger sur moi et me manger l'entre-jambe et l'entre-fesses, tout en grognant et couinant de plaisir. D'ailleurs, il s'exprime beaucoup, accueillant toutes mes caresses par des cris d'extase. Il donne l'impression de vivre un moment d'exception. Il est empressé, trop même, et je dois à plusieurs reprises lui demander de doser son ardeur : j'ai besoin de sentir les choses se développer progressivement. Dans le même temps, la fougue de ce garçon beau comme tout flatte mon égo. Il me murmure : « désolé, vraiment désolé, mais ca fait si longtemps ! » avant de replonger se tête entre mes cuisses. Lorsque, repus tous les deux, nous échangeons quelques mots sur qui nous sommes je lui demande : « et... Ca fait combien de temps alors ? » Il bredouille vaguement quelques mots incompréhensibles, puis dit : « non, mais c'est pas ca que j'ai voulu dire... Je sais plus ce que j'ai voulu dire ».

Scène 3 : rendez-vous au sauna parisien avec une petite bande de connaissances. Je retrouve A., croisé plusieurs mois auparavant dans un autre sauna. Je me souvenait d'un rapport un peu brusque, durant lequel nous n'étions pas très synchrone. Mais ce jour-là, tout se passe à merveille, et nous nous câlinons durant de longues heures. Je ne me souvenais plus que sa queue était si petite. Et lorsque je lui demande de mettre un préservatif pour me sodomiser après un annulingus très excitant, il me glisse à l'oreille : « non, c'est pas ce que je voulais faire, tu n'es pas assez préparée ». Je ris et lui fais : « tu crois ? » Il se trompait, et il s'en est rapidement rendu compte.




Scène 4 : Un autre soir au sauna près de chez moi. Un homme très méditerranéen, au nez busqué, à la peau foncé et au yeux de braise veloutés de longs cils, m'aborde dans les douches. C'est la première fois qu'il vient ici, les lieux sont sympa, n'est-il pas ? Après une approche plus physique dans le jacuzzi, nous tentons de trouver une cabine, mais l'heure est à l'affluence, pas un coin de disponible. Alors je prends la main de l'homme et je l'emmène dans le salon marocain, ouvert à tous les regards. Ce qu'il veut avant tout, cet homme, c'est me lécher. Il s'agenouille devant le canapé, à mes pieds. J'écarte largement les jambes, un pied sur le canapé, l'autre sur la table basse et offre ma chatte à sa langue gourmande.
Il y a beaucoup d'hommes seuls ce soir-là au sauna et notre petite exhibition suscite des convoitises. Je vais repousser plusieurs mains, plusieurs queues, jusqu'au moment où j'ai envie de profiter de la bouche de l'homme. Alors je laisse venir un tout jeune homme, déjà vu plusieurs fois au sauna, et qui régulièrement me dévore des yeux, me suis dès qu'il peut en tentant de me frôler. Il me caresse les seins, timidement au début, puis plus franchement. Il m'embrasse et j'entends son souffle précipité. D'autre hommes se pressent pour profiter du spectacle. Le jeune garçon fait écran de son corps, s'arrange pour décourager les plus téméraires d'un geste, ou d'un regard assassin. Mais au bout de quelques minutes mon méditerranéen se lasse de tant de regards, tant de mains et de sexes dressés, et il m'entraine vers une cabine enfin disponible.

Scène 5, 6 et 7 : G. G. au sauna, G. chez moi, G. au cinéma... Je vois beaucoup G. en ce moment. On a même réussi à avoir notre première querelle de... heu... Notre première différent quoi.

lundi 7 mai 2012

Ma Folcoche


Je n'ai pas vu ma mère, ni aucun membre de ma famille, depuis bien longtemps. Presque deux ans pour elle, plus longtemps encore pour mon père et ma sœur. Les autres, je ne les vois même plus à tous les enterrements. On meurt peu de toute façon. Et en petit comité assez souvent. Quand aux mariages, je n'y suis plus invitée depuis plusieurs décennies.

J'en ai une honte secrète. Je porte en moi cette anormalité, cette monstruosité d'être un humain sans attache, sans petit monde protecteur. Une petite voix me dit tout au fond de moi que je dois être bien vilaine pour être ainsi punie, que je dois être bien intransigeante pour ne même pas supporter leurs appels téléphoniques, de plus en plus rares à mesure que je réponds de moins en moins. Pourtant, les monstres, c'est eux.

Et c'est surtout elle. Ma mère.




Nous avons, elle et moi, un échange épistolaire depuis plusieurs mois. L'échange s'étire péniblement puisqu'il lui faut des semaines, et même des mois, pour me répondre, le plus souvent à coté. Rien que d'écrire ca, j'ai envie de lui écraser la gueule sur son clavier.

Son dernier mail est, comme les autres finalement, un modèle du genre. Elle me dit qu'elle a toujours su que j'avais eu une enfance malheureuse, entre une mère rigide et un père psychologiquement incestueux. Ce sont ses mots. Et elle ajoute «tu essayais d'attirer mon attention par l'agression, je savais que tu recherchais de l'affection, mais que dire quand une gamine de 8 ans dit à sa mère: "je ne comprends pas que papa ai pu t'épouser moche comme tu es"».

Mon père était peut-être incestueux. Mais niveau relation incestueuse ma mère n'était pas en reste. Probable qu'ils se sont bien trouvés sur ce terrain. Ma mère, je sais qu'elle aime la sodomie depuis que j'ai 12 ou 13 ans. Je sais qu'un tel était « monté comme un âne ». Que mon père était un bon coup et qu'elle l'a menacé de se masturber s'il ne la baisait pas plus souvent. Que tel autre ne se décidait paresseusement qu'une fois tous les deux mois. Etc.. Elle trainait la motte à l'air dans la maison, a couché avec au moins un de mes copains lorsque j'étais ado, et se vente encore aujourd'hui de coucher avec des hommes de mon age, tout en faisant remarquer que je ne dois pas connaître l'extase avec ces jeunots mal dégrossis. Je me garde de lui dire que de 25 à 60 ans mes amants me donnent régulièrement satisfaction.

Tout cela n'est pas un détail, mais ca n'est pas nouveau pour moi. Non, la nouveauté, c'est d'apprendre qu'elle a toujours su que j'étais malheureuse et que, et bien, elle n'y a pas remédié. Mieux : encore aujourd'hui elle se demande ce qu'elle aurait bien pu faire. Une petite fille – sa fille - demandait de l'amour, de la tendresse, de l'attention et, ma foi, que vouliez-vous qu'elle y fasse ? La nouveauté, ca n'est pas que j'ai eu une enfance merdique, une adolescence similaire et mon age adulte en partie dévasté. Non. La nouveauté c'est que ma mère savait, et qu'elle m'a laissé au fond de mon trou, en toute connaissance de cause. Elle tente même de refermer le couvercle sur ma tête aujourd'hui, avec son mail froid, ses phrases nettes et sans appel, sans un mot de regret, sans un mot réparateur.

Maman, je te pisse à la raie !



mercredi 2 mai 2012

Scènes de la vie ordinaire : scène 1

Difficile de suivre le rythme. Je pourrais écrire trois billets différents, avec quelques évènements de ces jours derniers. Sans compter l'article sur le plaisir féminin qu'on m'a réclamé, et que je souhaite écrire, parce que rayon plaisir, j'en ai à dire, vu que je reviens de loin, de l'enfer intime de l'anorgasmie. Qui l'eut cru ? Hum ? Ne répondez pas, je vois d'ici quelques mâles prêts à répondre doctement que, eux, ils l'avaient bien pressenti. Ce doit être les mêmes avec qui aucune femme n'a jamais simulé !  

Scène 1 : 

Samedi, toujours sous l'effet tour Eiffel, je décide d'envoyer un mail de remerciement pour cette merveilleuse visite à C. (maintenant, je connais son prénom, il était noté sur sa carte de visite, avec son nom, ses coordonnées et sa fonction exacte à la tour. De quoi filer des complexes à moins avertie que moi). 

J'ai conscience de me précipiter là où je devrais prendre mon temps. Je devrais attendre de sortir de l'effet tour Eiffel, être certaine de ne pas confondre l'homme et le monument, l'homme et la fonction prestigieuse. Mais un mail de remerciement, c'est la moindre des choses, n'est-ce pas ? Non, ma fille ! Tu l'as déjà remercié abondamment hier, et ca engage à reprendre contact avec ce monsieur, séducteur de mes deux, semble-t-il. Rhoooo ! Mais tais-toi, t'es pas drôle !
Bon, donc, le débat étant clos, j'envoie un mail à C. Et au moment où je lis avec un mélange de désappointement et de soulagement le mail automatique m’annonçant qu'il était absent du bureau pour cause de vacances jusqu'au 8 mai inclus, tout en comprenant pourquoi il avait précipité les choses avec la visite VIP de la tour Eiffel, tant plus d'une semaine sans contact pouvait signifier l'oubli définitif, il me sonne sur le chat du site de cul. 

Il vient de lire mon mail, il est bien aise de mon contentement, mais je le vaux bien, et d'ailleurs je suis dotée d'un charme inoubliable, mon sourire est "à tomber", il aurait tant aimé pouvoir me dire au revoir encore plus tendrement, et je serais son "rayon de soleil" durant ces vacances qui, apparemment, et je ne creuse pas, ne s'avère pas des plus excitantes. Je l'imagine déjà mesquinement chez la belle doche, vieillarde décatie à moins qu'il n'ait épousé une jeunesse, avec madame, en Bretagne profonde en ce mois de mai pluvieux, gniarc, gniarc... 

Difficile de ne pas répondre à son emballement. Je me retiens de lui dire mon dépit de ne pas pouvoir le toucher revoir là, tout de suite, de ne pas pouvoir vérifier sous 48h00 que la tour Eiffel qui se planque dans son caleçon est de taille à me satisfaire autant que la vraie. Je lui avoue en revanche que ses photos sur le site ne lui rendent pas justice, et que IRL sont plumage se rapporte à son ramage, mais j'évite soigneusement de partager avec lui mon envie persistante de me blottir contre lui depuis que j'ai senti son bras enlacer mes épaules pour m'aider à repérer le Sacré Coeur, là haut, au troisième étage et demi...

Je me sens sur un vélo sans frein, les talons crissant sur le macadam pour stopper l'équipage. J'espère juste pouvoir arrêter la course avant le gouffre qui consisterait en l'impression chez ce chasseur d'avoir prise faite. 

Rendez-vous est pris. A son retour nous reparlerons de tout cela, et d'une revoyure lorsque je serai enfin parisienne. Soit, oh ! Dans trois mois à peine... Me prend-il vraiment pour une tourte ? Croit-il vraiment me faire croire que nous allons papoter sur le net comme deux meeticiens empotés pendant des semaines et pendant des mois pour, enfin, coucher ensemble une unique fois ? Car, et il ne le sait pas encore, c'est bien cela que je vais lui proposer. Il est marié, ce sera donc un one shot. A nous d'en faire quelque chose d'aussi inoubliable que la visite VIP de la tour Eiffel... A vous, je peux le dire, cela me fend déjà un peu le coeur d'imaginer que je ne le reverrai plus, après un rendez-vous unique et forcement exceptionnel. Mais à vous je peux le dire aussi : il m'arrive de faire des exceptions. Mais Chuuuut...





lundi 30 avril 2012

L'effet tour Eiffel

C'était vendredi et j'avais récemment changé mon texte d'annonce sur le site de cul où je drague pour me mettre en stand by. Oui, un café, la veille, avec une énième lavette, rougissante et inconsistance à souhait avait eu raison de mon enthousiasme. J'avais visiblement la main mauvaise ces temps-ci, autant me mettre en retrait. Je commençais même à me demander si je n'étais pas atteinte du fameux syndrome de "la place prise". Lorsque je me sens vraiment bien avec un homme, j'ai de la peine à lui trouver de la concurrence à sa mesure. Une façon archaïque et inconsciente de me consacrer à un seul. C'est agaçant, mais c'est comme le syndrome pré-menstruel ou la pluie pendant les vacances, faut s'occuper intelligemment en attendant que ça passe.

Et donc, en ce vendredi matin, un homme avec qui j'avais discuté quelques fois vient me causer sur le chat. Je l'avais éconduit à cause de ses photos. Il me semblait tout maigre, pas bien grand, ridé et un peu stupide sur ses photos de vacances. Je suppose aujourd’hui que ces photos ont été prises par sa femme, et que c'est un peu comme les caleçons ridicules que les femmes de E. (madame épouse et madame mère) lui choisissait : le rendre inconsommable pour une éventuelle maîtresse, ou au moins le ridiculiser.

Cet homme avait visiblement décidé de me séduire, il ne lâchait pas l'affaire, et il revenait à la charge, de façon régulière mais sans insistance, échangeant seulement quelques minutes avec moi. Et ce matin là, sentant certainement qu'il lui fallait jouer son vatou, et puisque je refusais ses propositions de verre et autre restaurant, tout en m'ouvrant à lui de mon désappointement concernant mes contacts masculins (la fourbe), il me demanda si cela me tenterait d'"avoir Paris à mes pieds". Il me proposait ni plus ni moins qu'une visite en VIP de la tour Eiffel, en zappant les queues. J'ai imaginé l'employé municipal en blouse marine me faisant profiter de l'entrée de service. Et puis le trou du cul qui me force la main pour obtenir un rendez-vous et me propose de finalement faire la queue ensemble pour monter. Après avoir évalué qu'au pire je me déplaçais jusqu'à la tour Eiffel pour rien et en profiterais alors pour aller faire un tour à Orsay ou l'Orangerie, j'acceptais de retrouver le monsieur en début d'après-midi.



Visiter la tour Eiffel, enfin ! Et sans me taper les heures de queues qui m'avaient jusqu'alors rebutée ! Je kiffais grave ! 

A l'heure dite, j'étais sur place, et je repérais un monsieur habillé avec recherche sortir des bureaux du pilier nord et s'appuyer à la rambarde pour fouiller la foule des yeux. Il se tourna vers moi pour poursuivre son tour d'horizon et avant même qu'il ne me repère, et en un instant, je savais que ses photos ne lui rendaient pas justice, qu'il avait un regard bleu à tomber, qu'il travaillait bien à la tour comme mon intuition me l'avait soufflé mais qu'il n'en était pas un employé de base, qu'il était raffiné, et qu'il me plaisait. 

Nous nous sommes fait la bise et il m'a proposé que l'on se tutoie. Je crois bien qu'à ce moment là nous savions tous les deux à quoi nous en tenir. Enfin, en tout cas, moi, je savais : j'avais envie de mieux connaitre cet homme, pour peu qu'il ne fasse pas de boulette rédhibitoire. Et lui avait envie de me toucher partout. Ce qu'il eu bien du mal à juguler, saisissant diverses occasions pour me saisir le bras, me frôler la main, entourer mes épaules pour me guider, et même, summum du geste choupinet, tripoter un peu nerveusement mon écharpe. Tout cela, bien sur, tout en me conduisant à travers son domaine, de la salle de contrôle vidéo jusqu'au troisième étage et demi, tout en haut, au dessus des visiteurs stoppés au troisième, en passant par les coulisses techniques d'où l'on voit la tour vraiment de l'intérieur. Il m'expliqua un nombre incroyable de choses sur la tour, sur son histoire, son entretient, avec quelques anecdotes plus personnelles. La tour était à nous, en dépit des queues de visiteurs. Nous entrions dans les ascenseurs par la sortie, faisant fi de la foule qui avait attendu des heures pour mériter ce que cet homme, dont j'ignorais encore le prénom, me faisait cadeau sur un plateau. 

Je me sentais bien avec cet homme, et à quelques reprises, alors qu'il se penchait sur moi pour regarder dans la même direction que moi et me faire repérer tel monument ou tel bâtiment, j'ai eu envie de me blottir contre lui. J'aimais sa façon d'être avec moi. A la fois tactile mais jamais déplacé, séducteur sans être balourd ou écrasant, attentif à moi sans être obséquieux. Il brillait, il était certainement content de m'en mettre un peu plein la vue, mais il m'accueillait avec simplicité et sincérité, pour autant que je pouvais en juger. 

Revenus en bas de la tour, et c'est là qu'il a trituré mon écharpe, et que j'ai pu voir de près, sur sa main dansant sous mon visage, son alliance, revenu en bas de la tour donc, il m'a confié sa carte de visite me recommandant d'en faire usage si jamais j'en avais envie. Puis il m'a fait la bise aussi tendrement que le permettait le lieu, au milieu des employés et collègues qui pouvaient nous observer, pressant ses lèvres tout près des miennes. 

J'ai ensuite mis presque 48h00 a redescendre de la tour Eiffel. Après le syndrome de Stendhal, l'effet tour Eiffel.


mercredi 25 avril 2012

Avec orgasme, c'aurait été mieux !*

* En écho à ma rencontre avec Longue Queue

Les photos sont souvent trompeuses sur le net. Un mec qui parait quelconque est en fait souvent assez moche (ce fût ma désillusion d'un de ces soirs récents, à qui j'ai accordé la grâce de ma présence le temps d'une bière avant de rentrer dans mes pénates), ou bien un type dont vous vous dites "tiens, pas mal" vous scotche par sa beauté IRL.

Lorsque je me suis avancée vers la café où il s'était installé en terrasse sous les parasols chauffants, je n'ai pu que constater que j'avais de la chatte ce jour là : j'avais bien sous les yeux un putain de beau mec de la mort qui tue, et il était là pour moi, et il me souriait pour m'encourager à venir à lui. Bon dieu ! Mais pourquoi faisait-il si froid  !? Pourquoi la terrasse n'était-elle pas bondée pour m'afficher sans vergogne, moi, Marionde, obèse de mon état, mais on sait bien qu'on peut être grosse et "belle toute nue", et encore plus habillée comme une sacrée salope que je suis, moi, donc, Marionde, à la beauté certaine mais peu courue par l'époque, en train d'emballer un canon de 12 ans son cadet. Mais pourquoi donc n'y avait-il pas quelques greluches maigrichonnes et aplaties, au régime strict et fade, aux idée bien préconçues et très arrêtées sur la beauté et la séduction, attablées près de nous pour blêmir de rage et de dépit ??? Foutue pluie, foutu moi d'avril pourri !!!

Foin de forfanterie, restait quand même à l'emballer, même si le doute n'était guère permis. Dans ses yeux, dans ses mots, je voyais bien que je lui plaisais autant qu'il me plaisait. Mais ces choses sont fragiles, et jamais acquises d'avance.

Nous avons parlé boutique, puisque nous sommes de la même. Il était en lettres modernes (mon premier, après un prof d'histoire de sombre mémoire et un de lettres classiques, bien plus lumineux). Nous avons parlé de libertinage, de cocufiage, puisqu'il était en couple, et d'amours illégitimes. 

Le fait est qu'il m'avait piquée au vif sur le net, m'expliquant qu'il "ne limitait pas sa vie amoureuse à sa vie conjugale". Je l'avais repris en rectifiant : "vie sexuelle" voulait-il dire. Non, non... Il entendait avoir de belles histoires amoureuses, des histoires bien suivies, c'était tellement plus satisfaisant, tellement plus intense. Comme de bien entendu... Voilà le romantisme convoqué pour cacher la misère d'une vie de mensonge, d'une vie à moitié, même si ce sont deux moitiés, la guimauve qui veut masquer la souffrance, le manque de l'autre et le manque de couilles. Ou plus surement, en fait, les grands sentiments appelés à planquer une grosse envie de baiser autre chose que l'ordinaire. 

Je lui avait donc mis le marché en main. Moi, les hommes en couple, c'est du one shot, ou rien. A prendre ou à laisser. Jamais aucun n'a laissé. Et j'ai un plaisir pervers dans ces moments-là. Après avoir laissé le mec me roucouler son délire de relations suivies et tellement approfondies, je lui colle sous le nez, à la manière d'un défi (qui n'en est pas un bien sur), ce qu'il souhaite secrètement : la rencontre avec une inconnue pour une expérience unique et sans incident post opératoire. Et pendant qu'il fait son hésitant, qu'il tergiverse pour la forme, je savoure d'avance le moment de la fausse reddition. Il en est même des aussi tordus que moi pour dire qu'ils acceptent de faire une exception, en honneur à ma beauté sans pareille, à mon charme ravageur. Mouarffff ! Je m'en tort de rire régulièrement. Mon beau professeur de lettres modernes avait été sobre : "je prends" avait-il dit.

Il était d'une beauté latine, très brun. Il était grand, très mince. Il avait des attitudes parfois un peu précieuses. Et il était intimidé. Alors, dans un moment de silence un peu gêné, le voyant tourner le problème dans sa tête sans arriver à s'en sortir, c'est moi qui ai dit : "tu souhaites peut-être qu'on en reste là ?" "Oh non !" s'est-il exclamé. "Et bien moi aussi... Enfin, moi non plus...". Mais il ne prenait pas plus l'initiative, cherchant toujours comment tourner la chose. Et comme nous venions de parler de saunas libertins : "nous avons deux solutions. Le sauna, ca te fera l'occasion de découvrir, ou chez moi. Qu'est-ce que tu préfères ?" ai-je demandé.

Les choses se sont plutôt bien engagées sur le canapé dans un premier temps. Baisers, caresses, etc... J'étais plus audacieuse que lui, et j'aimais son regard bluffé quand je prenais une initiative nouvelle, qu'il n'attendait surement pas si tôt, et peut-être pas du tout. Sa peau était d'une douceur incomparable, il était très mince sans être maigre, proposant à mes mains et à ma bouche des bonheurs au confort ferme sans être rude, des bonheur Dunlopillo, que je ne boudais pas. Lorsque je découvrais sa queue, après bien des léchouilles et baisers rasants, approchants et repartants, et des mordillements de boxer, je ne me tenais plus de joie. Cet homme était beau de partout ! Il avait entre les jambes une belle bite comme je les aime. Pas trop longue, mais épaisse, au gland bien dessiné, à l'allure conquérante. Une pure merveille, que je m'empressais de mettre en bouche. Aussi bonne que belle !

Je crois volontiers qu'il était plus impressionné qu'il ne voulait le laisser voir. Une fois sur le lit, ou je l'avais invité à venir poursuivre plus commodément nos ébats, il s'est montré un peu plus entreprenant, cherchant visiblement à reprendre l'avantage, à s'imposer. Je me laissais faire avec volupté, car si j'aime m'occuper du corps d'un homme j'aime aussi qu'il me rende la pareille. J'aime autant surprendre par mes initiatives qu'être cueillie par celles de mon partenaire. Mais il avait des moments de doute, d'hésitation, je le voyais à nouveau tourner quelque chose dans sa tête sans arriver à se décider. 

Je ne sais pourquoi, il ne souhaitais pas me faire de cunni. Il avait bien fait mine, à un moment, de titiller mes lèvres du bout de sa langue, y déposant également quelques baisers très empressés, mais il n'a pas poursuivi, et n'y est pas revenu. Mon intuition était qu'à 32 ans, en couple depuis déjà de longues années, n'ayant eu que quelques rares aventures extra-conjugales, il n'avait pas visité beaucoup de sexe de femme. Il craignait  peut-être de mal faire, peut-être d'être trop cru avec une inconnue avec laquelle il n'avait pas discuté de ses goûts. Et moi, j'ai été incapable, dans ces moments délicats et à la limite de la gêne, de lui demander clairement ce que mon désir exigeait pourtant. Dès lors, le pauvre garçon prenait le risque, l'ignorant, de ne pas me faire jouir. Le cunni est pour moi l'entrée dans le festin quasiment obligatoire, et même souvent mon plat de résistance, tout particulièrement les premières fois. 

Et effectivement, quand, après un très long moment de caresses diverses, je lui ai demandé de me pénétrer, le sentant à bout de patience, j'ai accueilli sa queue dans ma chatte avec beaucoup de plaisir, me sentant m'ouvrir sur le chemin de ce vit bien large et qui cheminait très doucement à ma demande, sachant combien je suis étroite, mais il l'avait compris aussi, donc, quand il m'eut pénétré, et qu'il m'eut besogné quelques trop courtes minutes, je n'avais pas joui, malgré mon désir et la concentration que j'y mettais. 

Lui, de son coté, avait éjaculé avec regret, se sentant trop court. J'avais entendu, et vu dans ses yeux et son expression, sa rage et son dépit. Je sentais désormais sa déception, et sa honte. Il était allongé sur moi, la tête cachée dans mon épaule, ne bougeant plus, ne parlant pas plus, ne respirant quasiment pas. Il restait là, buvant sa gêne et certainement tournant dans sa tête un énième problème : comment me regarder en face, comment se relever, comment aborder la suite. Je ne savais trop quoi faire, sinon laisser mes doigts courir sur son dos et ses épaules, parce que j'aimais le contact de sa peau et que ca ne pouvait pas lui faire de mal. Mais la colère commençait à monter en moi, car j'étais alors quasiment certaine qu'il ne s'occuperait pas de mon plaisir. Ma colère était grandissante au fur et à mesure que cet homme de plus d'un mètre quatre vingt se montrait de plus en plus incapable, non seulement de me faire jouir, ce qui était un moindre mal, mais également d'affronter sainement la situation.

Et effectivement, au lieu de se comporter en homme, il se comporta en petit garçon qui a fait pipi dans sa culotte et qui veut courir chez maman pour qu'elle lui change son slip. Il fini par se lever,  sans un regard pour moi, me demandant juste le chemin de la salle de bain pour se débarrasser du préservatif. Parce qu'il s'attardait, et que je savais que de toute façon la suite n'allait être qu'une longue défaite, je filais aux toilettes pour un pipi. Quand je suis revenue dans la chambre, il renfilait déjà son jean ! "Tu es déjà sur le départ ?", grinçais-je. J'attrapais également mes fringues, pressée tout à coup moi aussi de me rhabiller, de ne plus être nue devant ce couard. Il fila et lorsque je le rejoignais au salon il avait déjà sa veste sur l'épaule, avec l'air embarrassé et le regard fuyant. Je lui ai asséné un "oh ! Mais je ne te retiens pas !" en ouvrant grand la porte d'entrée et lui montrant d'un geste de la main le chemin à prendre. Empêtré dans sa gêne, il s’arrêta sur le seuil, ne voulant pas être ainsi congédié : "tu es en colère parce que je me suis relevé trop vite ?" "Oh ? Non ? Tu crois ?" Et comme il n'avançait toujours pas, et que j'étais pressée d'en finir avec ce pénible épisode : "il y a quelque chose qui ne va pas ?". Il a murmuré "non... non.... rien" et il est sorti. J'ai claqué la porte si vite derrière lui qu'il a du être poussé par le souffle et j'ai bruyamment fait deux tour de verrou dans son dos.

Le reste de la journée, j'ai traîné ma frustration, ma colère, ma déception, et même, à certains moments de la soirée, mon désespoir. Pourquoi faut-il que les hommes se transforment en morveux qui vous écrasent les pieds sans vergogne juste parce que leurs sacro-saintes performances ne sont pas à la hauteur de leur égo, quand nous, on s'en fout de la durée de leur coït ou de la taille de leur bite ? Quand il nous suffirait de quelques mots, quelques rires, quelques cajoleries, et peut-être la promesse de faire mieux bientôt, pour nous faire oublier qu'on a pas jouit ?

Mais dès le lendemain, tout cela était presque oublié. Et je ne garderai finalement de cette rencontre avec mon cher collègue que le souvenir de sa beauté, de ses longues jambes minces et musclés que j'ai dévoré de baisers, de son cul rond et bien ferme que j'ai malaxé, de son regard émerveillé et surpris à la fois. Oui, si mon clitoris n'a pas eu son compte, mon égo en revanche baigne dans sa mouille d'avoir baisé un putain de beau mec de la mort qui tue !






jeudi 19 avril 2012

Qu'est-ce que tu cherches ?

La question revient souvent, lancinante, dérangeante, agaçante : mais finalement, qu'est-ce que tu cherches ? Contrairement à ce que l'on pense, ce qui se conçoit bien ne s'énonce pas toujours clairement. Dans ma tête et dans mes tripes, les choses paraissent simples. Je le vois, je le sens, je sais ce que je veux, c'est limpide. Mais vu de l'extérieur...



Donc, je voudrais bien, au moins encore une fois dans ma vie, vivre une belle histoire d'amour.

Ah oui, mais il y a quelques éléments bloquants. 

Et d'abord, mon fétichisme de l'homme en couple, ou en tout cas pas disponible. Quand c'est pas une femme, cas le plus simple quand même, c'est un boulot, ou des gosses envahissants. Le combo est aussi fréquent : femme + boulot + gosses. 

Pendant longtemps je n'ai pas su expliquer cette attraction forcenée, et accusais le destin et la vilenie mâle. Et en aparté mon manque de séduction, mon empotitude légendaire. Oui, je sais, ca va faire rire, mais c'est ainsi que je me vois, parfois. Je suis grosse, et donc moche, et totalement gourde. En tout cas c'est ainsi que je me sens quand je bêle d'amour ou de désir après un sale type qui regarde sa montre pour vérifier que sa fenêtre de liberté conditionnelle n'est pas fermée. Oui, ne faut-il pas être laide et conne au delà de toute mesure pour qu'un homme qui vient de passer quelques heures de sexe dans vos bras file ainsi au sifflet vers une vie qu'il prétend terne, ennuyeuse, et même accablante ? 

Mais le fait est que les rares hommes célibataires que je rencontre me foutent littéralement les boules. Et qu'ils ne me séduisent pas. C'est bien simple, mettons que j'ai rendez-vous avec un de ces spécimens en voie de disparition. Et bien je déclare que je n'ai rien à me mettre, et que d'abord je ne vais pas me mettre en frais pour ce mec qui a un prénom à coucher dehors avec un billet de logement, ou quinze ans de moins que moi, ou une gueule a avoir retouché ses photos, ou, ou, ou... Puis dans la voiture je m'agace, déclare que le lieu ou l'heure du rendez-vous est imbitable, et que de toute façon je le sens mal. J'arrête là, vous devinez la suite, le pauvre type n'a pas une chance de trouver grâce à mes yeux. Pourtant j'essaie... Mais songez à Longue Queue, célibataire lui... Et je passe sur les deux ou trois récents qui n'ont même pas eu l'honneur de mon blog.

Car, et là il faut regarder les choses en face : je n'ai pas envie de me faire mettre le grappin dessus. Derrière chaque mec célibataire se profile le plus souvent pour moi un boulet potentiel. Un qui va chercher à m'enfermer, me brider, me dépersonnaliser, me dessécher sur pied. Il va m'absorber, me digérer, me vider l'espoir et l'enthousiasme.

Je le sais, au début, c'est tout beau tout neuf. Et puis insidieusement , de présentation à belle maman (rien que d'en parler je sens la crise d’asthme pas loin) en considérations budgétaires imparables, je serai la "femme de", faisant tourner les machines pour deux, les repas pour deux, les courses pour deux, dans un F3 avec balcon filant (version parisienne) ou dans une maison de lotissement avec jardin (version provinciale). Je n'ai même pas envie de continuer la description de cet enfermement programmé, ca me met mal à l'aise. Et je connais la fin pour avoir expérimenté quelques vies de couple et deux mariages : le pétage de plombs en règle et en version 3D au bout de quelques années en apnée.

Cerise sur le gâteau, j'aime le sexe. Et rien qu'à l'idée de devoir me satisfaire d'un seul homme, j'ai envie de chausser mes bottes de sept lieux. Alors, je sais, la plupart des hommes croient que quand j'aurais trouvé le bon (ahum) je ne mouillerai que pour lui. Ca les rassure. Et ca peut s'avérer assez vrai les premiers temps. Mais sur la distance c'est des conneries. Surtout que l'heureux élu n'aurait pas une chatte et des seins et que j'aime aussi les femmes. Et surtout que quand j'apprécie un homme j'ai envie de le voir avec d'autres. Et que j'ai envie qu'il me regarde avec d'autres. Moi, l'amour, ca me rend perverse. Or, les hommes vraiment partageurs, c'est extrêmement rare ! Même parmi les libertins échevelés il est fréquent qu'en cas d'amour la dame soit conviée à plus de tenue et à une continence de bon gout. Ces messieurs s'autorisant par ailleurs certaines libertés dont ils privent leur douce, allant s'ébattre avec quelques gourgandines, mais ce sont des hommes que voulez vous !

Rahhhhhhh !!!!! 

Je crois que là, j'ai fait le tour du problème. Les bras m'en tombent, le souffle me manque. Le prochain qui me demande ce que je cherche, je lui réponds : le dahu !